« Radieuse aurore » est arrivé dans le circul’livres

Radieuse aurore

« Protester était inutile. On donnait les cartes qu’il fallait jouer, bon gré, mal gré, qu’on soit bossu ou bien fait, boiteux ou bien campé, qu’on ait un cerveau vide ou une intelligence bien organisée. Les cartes ramassées vous introduisaient, le plus souvent, dans la classe des exploités ; les cartes de quelques uns permettaient de devenir un voleur. Ce jeu de cartes, c’était la vie ; la foule de joueurs, la société. La terre servait de table ; et la terre, en bloc ou par morceaux, depuis la miche de pain jusqu’à la grosse automobile rouge, tel était l’enjeu. Et, à la fin, fortuné ou infortuné, on mourait et c’était pour longtemps. » Roman, Jack London, 436 p., 1910.

 

Bonne lecture,

2 réflexions sur “« Radieuse aurore » est arrivé dans le circul’livres

  1. Je viens juste de le terminer, merci Anne!
    Il y a bien deux ou trois parties dans ce roman. En premier lieu, les aventures du jeune « surhomme » qui prend plaisir à étaler sa générosité, son insouciance et sa force – pour autant qu’il arrive à surpasser tous les autres -, au Klondike. Un London fantasmé? Puis le même, qui applique son énergie aux « affaires », en fait à la spéculation financière, au départ au Klondike encore, mais surtout en Californie ensuite – il s’y heurtera à des affairistes plus vicieux que lui, s’y endurcira et y perdra son âme. Avant de la retrouver, grâce à l’amour d’une femme via laquelle il sacrifiera sa fortune pour mener une vie campagnarde. Trois facettes différentes de l’écrivain lui-même? Je ne sais pas s’il était si bon homme d’affaires que cela…
    Qu’on ne vienne plus me dire en tout cas que c’est Paul-Loup Sulitzer qui a inventé le « thriller » financier! London en avait donc déjà écrit en 1910… et Kipling touchait aussi un mot des « self-made men » / « hommes d’affaires » américains dans certains de ses romans (le père, dans Capitaines courageux paru en 1897) voire de ses nouvelles.

    • Merci pour ton commentaire.
      Ce moment de lecture a été extra pour moi aussi.
      La critique de la spéculation financière est sociale, impitoyable et moderne. Le roman est écrit en 1910 !
      Elle est portée par un héros, chercheur d’or, loyal, généreux, magnifique.
      On a vu dans la dernière partie, soucieuse tout à la fois d’amour et d’économie agricole, un Martin Eden inversé.
      Ou désenchanté.
      Un grand roman de Jack London. Un peu délaissé et qq fois jugé mièvre.

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