Visite de la Fromentellerie

Le 27 mai, Yves de Fromentel nous a reçu pour une visite de sa ferme d’élevage en bio holistique. David Nicolet de l’Amap Philippe-Auguste stagiaire en bac pro s’est occupé de la présentation. Le bio holistique est un projet de conduite en bio, subordonné donc au respect d’un cahier des charges. Mais les éléments qualitatifs : qualité́ nutritionnelle et qualité gustative entrent en ligne de compte. Le bilan humain et social doit être à la hauteur.

Nous étions 14  ! Il a fait très beau et chaud. Nous sommes arrivés vers 10h30 en remplissant au mieux les voitures !

Une histoire de ferme

La ferme est à Pécy en Seine-et-Marne à 70 km de Paris.
Elle dépend  du Domaine de Beaulieu qui est dans la famille depuis 7 générations. Dans les années 1950, les parents d’Yves travaillent en polyculture-élevage, et produisent du fromage à la ferme. On y trouve une dizaine de cultures différentes sur les 170 hectares de terres et un élevage complet : vaches, moutons, cochons, poules… En 1976, la surface des terres est agrandie (location de 80 hectares dans l’Yonne [89], pour de la production céréalière), la ferme se spécialise dans l’élevage bovin (en Prim’Holstein). Les autres animaux sont vendus. La production augmentée ne peut plus être transformée à la ferme : elle est entièrement vendue à des industriels. En 1984, le père d’Yves augmente  l’élevage bovin et construit une étable plus moderne, adaptée à la nouvelle taille de l’élevage et répondant aux normes de l’époque du bien-être animal. L’air de ce temps-là est aux économies d’échelles, investir permet de produire davantage et de rembourser les emprunts qui ont permis d’investir. La boucle est infernale et l’affaire n’est plus rentable.

Yves de Fromentel (né en 1959) a fait des études de mécanique. En 1993, il fait le choix de reprendre l’exploitation pour éviter que celle-ci ne sorte de la famille et la convertit en bio en 2009. Le changement est important : il passe par la reconversion vers un système de production plus petit, avec une production de qualité, valorisée à sa juste valeur par la transformation sur la ferme et la vente directe de proximité qui garantit que le lait est écoulé à un prix supérieur à son coût de production.
En 2017, la commercialisation des produits laitiers commence en AMAP, en « Ruche qui dit oui », et dans quelques magasins bio (biocoop ou autres), moyennant les tournées de livraison qu’assure Yves quatre jours sur sept en Seine-et-Marne (77), dans le Val-de-Marne (94) et jusqu’à Paris (75).

 

Une bête, ça mange

Nous sommes restés longtemps devant une douzaine de veaux à l’étable.

Des entraves — un système de barres — permettent que l’animal puisse se nourrir et s’abreuver dans le calme. Bousculée, la vache risque de moins manger et de donner moins de lait.

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Une fois nourries et dégagées les vaches, un peu maigres — normal pour des laitières —  quittent étable et litière  pour rejoindre les prés.

 

 

 

 

 

Et ça donne du lait

Le troupeau compte actuellement une soixantaine de vaches laitières (une seule traite, le matin, qui commence à 07 h 30).

Avant le passage au bio, les vaches étaient toutes de race Prim’Holstein: de « l’usine à lait », sélectionnée pour être nourrie exclusivement de tourteaux de soja (importés), de « concentrés » scientifiquement élaborés et autres ensilages (l’ensilage étant une matière fermentée). Elles sont grandes productrices d’un lait de mauvaise qualité nutritionnelle : le taux butyreux est bas (et convient bien aux industriels du lait). Les vaches n’ont pas supporté le passage à l’herbe. Soucieux d’avoir un meilleur lait, Yves a décidé de recomposer progressivement, au fil des générations de vaches, son troupeau avec des variétés plus rustiques. L’insémination artificielle est choisie sur catalogue. Les Prim’Holstein sont croisées avec des mâles norvégiens. Les vaches ainsi obtenues sont elles-mêmes inséminées en semence sexée jersiaise pour le lait (ou blanc-bleu belge, pour la viande). On a fait la connaissance de Nicoline, une jeune jersiaise qui fait penser à un faon, qui est l’élue de cœur de David.

Dans les prairies

Depuis près d’une décennie, les 170 hectares de la ferme sont officiellement cultivés en bio (une dizaine de cultures différentes chaque année). Les terres sont drainées naturellement — système racinaire et vers de terre ! Mais aussi mécaniquement avec un réseau de drains parce que les mares dans un champs gênent le passage du tracteur.  Aujourd’hui, ces terres sont de bonne qualité, riches en éléments minéraux. A une époque où le foncier agricole de qualité se réduit (la France perd l’équivalent d’un département de terres agricoles tous les 7 ans), ces 170 hectares ont de la valeur.

 

On aperçoit le bobcat et l’habileté de David à la manœuvre

Cet engin peut être équipé de différents outils : godet ; pinces à griffe (deux, trois ou quatre dents, selon la taille du ballot qu’il s’agit de saisir) ; griffe horizontale (pour le transport de la luzerne vers les auges) ; fourche à palettes pour transporter des charges ; outil « dérouleuse pailleuse » pour le paillage des zones de stabulation. Avec les sangles appropriées, le bras peut servir à lever une grille de fosse à fumier ou une vache qui a perdu son aplomb.

 

Yves nous a ouvert les portes de la cuisine du Château qui sert de gîte rural. On y a partagé notre repas.

 

Ceux qui avaient de bonnes chaussures — du genre à ne craindre ni l’urine ni les bouses qui imprègnent les litères ont pu s’approcher du veau dernier-né. De 1 à 10 veaux séjournent à la « nurserie », une fois séparés de leur mère après la période « colostrum » (il faut leur apprendre à boire au seau – certains comprennent en 2 jours, pour d’autres, c’est plus long, mais le « biberon » n’est utilisé qu’en ultime recours).

Dans le « potager »; on a surtout vu un rosier très parfumé et des rangs de fraisiers…

 

 

Le quad est utilisé pour tracter la boule à lait entre la laiterie et la fromagerie (située dans la cour de la ferme, de l’autre coté de la route).

 

 

La fromagerie

C’est une salle blanche : les règles d’hygiène strictes n’en permettent pas la visite.

Maylane et sa mère, après avoir suivi une formation à l’été 2016, travaillent à la fromagerie (pasteurisation et embouteillage du lait, des yaourts, du fromage blanc et de la faisselle, des fromages secs).

 

 

 

On s’est quitté autour de 17h30.

 

Une réflexion sur “Visite de la Fromentellerie

  1. Bonsoir Anne, merci pour ce billet qui j’espère donnera envie d’aller acheter des produits laitiers de la Fromentellerie. Je suis admirative devant la tenacité de M. de Fromentel qui ne ménage ni son temps, ni sa peine. Ce n’est pas un métier de « fainéant ». Bonne soirée.

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