La Toile des AMAP n°92

PénélopeSaviez-vous que, selon le site internet du MIRAMAP (1), on dénombrait en France, en 2015, plus de 2000 (deux mille) « groupes en AMAP » représentant quelque 250 000 amapiens? Cela doit représenter, en tout cas, des centaines de blogs ou sites comme le nôtre…

Cette semaine, c’est l’eau qui va être le point commun des trois AMAP du Maine-et-Loire (49) dont je choisis de mettre en avant la présence sur internet. Et en conclusion, je livre enfin quelques considérations (personnelles) découlant de mon enquête sur les logiciels ou plateforme de gestion d’AMAP dont les réponses ont été publiées il y a six semaines sur le présent blog… au fil de l’eau.

AMAP_des_2_etangs

AMAP des deux Etangs (49450 Saint-Macaire en Mauges), https://www.amapdes2etangs.fr

Dans la rubrique « Vie de l’asso », dans le CR de l’AG d’octobre 2017, je remarque l’implication de nouveaux amapiens en « binôme » des référents déjà en place (c’est positif !). Tradition sympathique de « Cagnotte » pour les « heureux événements » chez les producteurs. Une petite trentaine de recettes (organisées par noms de légumes). Enfin, ce groupe en AMAP est un des utilisateurs de l’outil AmapJ.

AMAP_du_Loir_49

AMAP du Loir (49140 Marcé), http://amapduloir.blogspot.com et https://www.facebook.com/amapduloir49

Créée en septembre 2012. Plusieurs dizaines de recettes réparties dans les 20 « Flash info légumes » que l’on peut lire en téléchargement. Joli logo dessiné. Je regrette un peu de ne pas trouver sur le blog (très « pratico-pratique ») un historique de ce « groupe en AMAP », ni la confirmation que (comme je le pense) ce n’est pas l’animal qui est visé, mais bien la rivière… [Vérification faite, le Loir passe bien à travers la communauté de commune dont fait partie Marcé, à quelques kilomètres de ses limites].

AMAP_delaGouttedeau

AMAP de la Goutte d’Eau (49800 Brain sur l’Authion), http://amap.delagouttedeau.free.fr

Joli site en couleurs froides (bleu…). Née le 8 mars 2006 (nom d’après la « part du colibri », conte que Pierre Rabhi utilisait dans ses conférences), l’AMAP de la Goutte d’Eau a su fêter ses dix ans en octobre 2016 par l’organisation d’une « Journée informative et ludique » (projections, débats, ateliers…). Une bibliothèque de l’AMAP le 3e jeudi du mois (prêt de près de 80 ouvrages) fonctionne depuis quelques années. Gazette La goutte d’eau (dernière parution en janvier 2014…). 28 recettes (dernière en 2014…).

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Sans lien avec les trois présentations ci-dessus, voici quelques mots sur le thème des logiciels et plateformes de gestion d’AMAP. J’ai pris le temps de la réflexion, après la publication de ma propre enquête sur ce qui existe (8 puis 9 offres différentes, au final) les 4, 5, 6 et 7 décembre 2018, pour rédiger mon propre avis sur la question.

D’abord, les avantages objectifs d’une saisie informatique simple et centralisée. Je pense qu’ils sont clairement mis en avant par chacun des neuf acteurs identifiés à ce jour. En premier lieu, les « référents » voire même les amapiens eux-mêmes n’ont qu’à « remplir les cases » qui ont été préparées pour eux par des « professionnels », de manière à ce que tous les cas de figure soient prévus (évitant les saisies multiples génératrices d’erreurs). A l’autre bout, ressortent (dans la plupart des cas) les contrats et les informations concernant chaque livraison du « groupe en AMAP ». Les données récapitulatives, elles, peuvent être communiquées aux producteurs, d’une part, pour l’anticipation de leur production, et aux « réseaux d’AMAP » (pour leurs statistiques consolidées), d’autre part. Merci au numérique – même si le mouvement des AMAP a su fonctionner bien des années avant l’apparition de tels ou tels de ces outils, qui ont émergé progressivement ici ou là.

Côté mises en garde, ensuite, sur l’évolution vers un « réseau social » interne au mouvement des AMAP. Déjà, tant qu’il ne s’agit que d’une option (ou plusieurs – vive la diversité et la liberté de choix !), d’accord. Je m’inquiéterais fortement le jour où une « instance » quelconque prétendrait rendre obligatoire le recours à un tel outil « normé » (logiciel ou plateforme de gestion « en ligne » d’AMAP), pour toutes les AMAP, ou pour tous les amapiens d’une AMAP. Laissons donc aux GAFAM et à tous les sites « professionnels » leurs conditions léonines, où le RGPD les contraint essentiellement à nous faire cocher aveuglément une case où nous « acceptons leurs conditions » sous peine, sinon,… de nous passer de leurs services ! Je crois qu’il est très naïf de prétendre paramétrer a posteriori l’usage qui sera fait de nos données personnelles, une fois celles-ci communiquées sous forme numérique. Personnellement, le meilleur des usages pour les informations qui me concernent, c’est de ne pas les avoir laissées en ligne sur un site dont je n’ai pas la maîtrise, qui pourra être hacké, qui dépend d’un hébergeur, d’un « cloud », dont les données circulent sur la Toile…

Malgré tout, pour ceux qui considèrent, tout bien pesé, que les avantages sont supérieurs aux inconvénients, quel pourrait être un « moindre mal »? Je pense que ce serait de ne mettre en ligne aucune donnée nominative (nom de « groupe en AMAP » [très éventuellement remplaçable par une « image? »], lieu de distribution, nom d’amapien, coordonnées [adresse, téléphone, email…]), mais seulement un « numéro d’ordre » pour chaque type d’information, incrémenté de 1 à n… sur chaque plateforme  dans l’ordre d’utilisation (et variant d’une saison à l’autre), et surtout pas « signifiant », les « listes de concordance » étant gérées à la main, sur des registres conservés au niveau des groupes en AMAP. Il me semble, si j’ai bien compris, que c’est déjà le fonctionnement préconisé par l’un ou l’autre des 9 opérateurs (mais pas par tous). Et j’ai bien noté que la plupart ont bien intégré le fait qu’il n’existe pas vraiment de « modèle économique rentable » pour un tel service proposé aux AMAP (la majorité, aujourd’hui, s’en passant), auxquelles on peut éventuellement juste demander de participer aux (de couvrir les) « frais d’hébergement » voire aux/les « nouveaux développements » demandés, sous forme d’abonnement ou de forfait…

Après, comme on dit, « je dis ça je dis rien », mon opinion n’engage que moi, et on peut faire place à l’intelligence collective et au (grand) débat d’idées pour arriver à prendre en compte tous les enjeux… En conclusion, bien au-delà de la seule question des AMAP, je rappellerai juste quelques adages de bon sens (et de diverses provenances) touchant les promesses numériques: Un repas gratuit, ça n’existe pas. Si c’est gratuit, c’est que le produit, c’est vous. Si c’est trop beau pour être vrai, c’est que… c’est trop beau pour être vrai. Si c’est flou, c’est qu’il y a un loup. Sur le même thème (économie numérique), chacun pourra en dénicher – et en méditer, je l’espère… – bien d’autres. Vive le temps bénévole et l’humain, et l’alternative au modèle industriel dominant!

(1) pour de plus longues listes: http://miramap.org/-Les-AMAP-.html (consulté le 23/12/2018).

Ta d loi du cine, membre de l’AMAP Réunion / Père Lachaise depuis 2010, présent sur la blogosphère depuis 2007.

Connaissant donc un peu le monde des blogs par ailleurs (et son fonctionnement en « réciprocité »), je vous demande de ne pas hésiter à « poster un commentaire » (si possible) en remerciement sous une recette ou un article qui vous a intéressé, sans oublier de mentionner le lien vers notre propre blog (éventuellement le lien de cet article-ci).

3 réflexions sur “La Toile des AMAP n°92

  1. […] Ce que vous avez lu dans ces quatre articles, ce sont les données « brutes » que constituent les réponses aux questions posées (sans que les répondants aient lu les réponses apportées par les autres – pas de quantique donc, juste du qualitatif saupoudré d’un peu de quantitatif). Je laisse à d’autres que moi (d’abord à vous, lecteurs?) le soin de tirer d’éventuelles conclusions des informations et éclairages apportés. Pour ma part, je ne m’interdis pas d’en reparler, à l’occasion, en « bas de page » de l’un ou l’autre des billets de ma série « normale ». [cf. TdA n°92 du 16 janvier 2019]. […]

  2. Salut à vous, je suis membre du collectif de l’AMAP des 2 Etangs, un grand merci d’avoir fait ressortir notre AMAP et nos copines locales !
    Concernant AMAP J nous avons commencé il y a un an avec la saison printemps-été. La commission informatique s’est créée pour ça et de fil en aiguille certains sont restés au collectif pour le reste de la vie de l’asso…
    AMAPJ a tout de suite été adopté par les AMAPIENS car pratique, fonctionnel, il fait les contrats et les récap, envoi des rappels pour les référentes, les producteurs et les permanences. C’est un peu moins souple qu’un contrat papier surtout pour les tête en l’air qui oublient le renouvellement ou les producteurs qui n’ont pas leur liste de distri mais cela se gère…
    Nous fonctionnons largement en autogestion et c’est un bonheur de voir des amapiens gérer la distri tous seul, les membres du collectifs ne sont plus indispensables… vive les AMAP
    des bises

  3. Copier-coller (avec l’autorisation de l’expéditrice) d’un mail reçu le 17 janvier (en réponse à celui où j’informais l’AMAP qu’elle avait été évoquée):
    « Bonjour David
    Jolie initiative que cette « toile des AMAP » et merci d’avoir parlé de nous !
    Historiquement, les 3 initiatrices de l’AMAP de la Goutte d’Eau étaient des institutrices…. d’où le désir ancré très fortement de partager des connaissances au travers de l’outil livre.
    Notre bibliothèque a bien fonctionné pendant des années parce que nous l’avons portée à bout de bras, sorti des livres de la malle pour les exposer lors des distributions, installé un tapis pour les enfants etc… Je dois avouer que nous avons un peu baissé les bras depuis… mais que votre message va sans doute avoir pour effet de nous relancer !
    Puisque vous parlez de l’histoire de la première AMAP, j’ai plaisir à vous dire que nous avons reçu Daniel et Denise Vuillon dans notre AMAP et aussi, entre autres, celle de Marcé, l’AMAP du Loir en septembre lors du passage dans notre département de 2 femmes vietnamiennes qui veulent créer un système similaire au Vietnam. Elles ont lu le livre de Denise Vuillon et sont en train de le faire traduire en vietnamien pour l’offrir aux paysans qui vont travailler avec elles. En échange, elles nous ont offert « La révolution d’un seul brin de paille » qui tourne actuellement chez nos paysans.
    L’AMAP du Loir organise ses distributions dans un local communal qui comporte, au rez de chaussé, une salle où les producteurs installent leurs produits et à l’étage la bibliothèque du village ainsi qu’un bar associatif récemment créé, ce qui a fait dire à Daniel Vuillon qu’un même lieu rassemble la nourriture, la culture et la convivialité. Quoi de plus beau ?
    Bonne continuation dans vos chroniques et dans votre AMAP, son nom me fait rêver !
    Francine Freulon »

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