« Dans la forêt » est arrivé dans le Circul’livres

Dans la forêt

Enfin un roman d’anticipation ! Rien n’est plus comme avant: le monde tel qu’on le connaissait semble avoir vacillé, plus d’électricité ni d’essence, les trains et les avions ne circulent plus. Des rumeurs courent, les gens fuient. Nell et Eva, dix-sept et dix-huit ans, vivent depuis toujours dans leur maison familiale, au cœur de la forêt. Quand la civilisation s’effondre et que leurs parents disparaissent, elles demeurent seules, bien décidées à survivre. Il leur reste, toujours vivantes, leurs passions de la danse et de la lecture, mais face à l’inconnu, il va falloir apprendre à grandir autrement, à se battre et à faire confiance à la forêt qui les entoure, emplie d’inépuisables richesses. A sa sortie, il y a près de trente ans, il a créé un véritable choc littéraire aux Etats-Unis ; ce roman, sensuel et puissant, met en scène deux jeunes femmes qui entraînent le lecteur vers une vie nouvelle. Roman, Jean Hegland, 308 p, 1996 — Ecologie

Bonne lecture,

3 réflexions sur “« Dans la forêt » est arrivé dans le Circul’livres

  1. Lu grâce au Circul’livre de l’AMAP, alors que j’avais déjà repéré ce bouquin de quelque 300 pages via des chroniques, billets et critiques sur la blogosphère.
    Je dirais pour ma part que les héroïnes, ces deux gamines dont l’une lit et l’autre danse, me sont apparues jusqu’aux deux tiers du livre comme agaçantes et futiles. L’ouvrage est clairement un roman initiatique. Les filles sont « quasi-jumelles » (moins d’un an d’écart), fusionnelles au début et à la fin du récit. Entretemps, les parents sont morts, chacune s’est réfugiée dans son rêve « en attendant que cela se passe », la plus jeune tient un journal intime (le livre !). Il expose donc naïvement leur « point de départ »: des parents libéraux qui ont souhaité leur donner une éducation « à la maison », au fin fond de la cambrousse, plutôt que de les mettre à l’école (sachant que le père est lui-même directeur d’école), à une époque décrite comme moment où la civilisation américaine bascule et s’enfonce vers la précarité (coupure d’électricité, rupture des approvisionnements en essence et en produits vendus dans les « markets »…). Dans leur période la plus conflictuelle, nos deux soeurs s’avèrent capables de se faire la gu… pour un chocolat retrouvé après des années de privation ou sur le choix de l’usage des derniers litres de carburant. Bon, je suppose que je vais me faire honnir des lectrices si je dis que j’ai quelque peu ricané en lisant comment l’esprit vient aux filles (de manière plus ou moins traumatisante pour l’une ou l’autre). Ce qui va les amener, l’une tirant l’autre, à replanter un potager, reconstituer leur stock de conserves de fruits et légumes au lieu de puiser (jusqu’à épuisement) dans celui constitué par papa avant son décès accidentel… et même apprendre à chasser pour mieux se nourrir ! Contrairement au Robinson Crusoé de Defoe, dans cette oeuvre, on n’est pas submergé par la Bible ni par Dieu. Le « retour à la nature » que fait la narratrice l’amène plutôt à s’intéresser aux Amérindiens et à leur rapport aux plantes (comestibles ou médicinales), et par là, plus largement, à la flore, à la faune, bref à tout ce qui constitue la « forêt » du titre. L’histoire racontée se clôt alors qu’elles ont tourné le dos à leur passé. On ne peut que leur souhaiter le meilleur ! J’espère en avoir dit suffisamment, mais pas trop. Et bonne lecture à vous aussi.

    • La fin de la civilisation passe selon l’imagination de l’auteur nécessairement par la régression, voire est une régression. La sauvagerie n’est pas absente non plus — viol, incendie final. Mais, limitée, sans doute par la médiation féminine. Ce sont deux sœurs, très jeunes femmes, qui sont au cœur du récit.
      La reconstruction est lente, laborieuse, aboutie.
      Je n’ai pas trouvé de signaux de jugements négatifs sur ces caractères.

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