Humus
Deux amis étudiants en agronomie, d’esprit critique, angoissés par la crise écologique, décident de changer le monde en s’intéressant aux lombrics. L’un va revitaliser le sol de la ferme familiale en y réintroduisant les vers de terre, l’autre se lance dans un sytème de vermicompostage à l’échelle industrielle. Le roman promet une terre qui sent enfin bon, un sol vivant. Chercheurs, agriculteurs, économistes font plutôt bien de laisser une part de ce sujet bien documenté aujourd’hui aux artistes et romanciers. Le sujet est grave, les enjeux essentiels et il est rare que le sujet soit ainsi pris de front dans un roman. La leçon de Humus est hélas prévisible : lutter contre les pesticides est un vœu pieux ; la machine industrielle et financière est infernale et broie les destins. Les personnages, presqu’exclusivement au service de la cause, sont inconsistants. L’auteur, de pensée libérale, semble s’amuser avec son sujet — Ah ! l’introduction de Thomas Pesquet dans les milieux lombricoles ! — il règle des comptes, sous forme d’une satire impitoyable, avec les gauchistes, l’administration absurde, le libertinage amoureux et les dérives outrancières du capitalisme. Il montre aussi une certaine désinvolture avec la science : heu… la reproduction des vers de terre ce n’est pas ça. Pas de quoi, tout de même, bouder son plaisir de lecteur. Merci à Sophie, ex-amapienne, hautement partageuse et grande égérie de l’immensément modeste Marcel Bouché, pédozoologue (sous les traits de Marcel Combe). Roman, Gaspard Kœnig, 380 p., 2023.
Bonne lecture !
