Dans le circul’livres de Philippe-Auguste

Sur le thème de Robinson

Le mythe est vivace et les thèmes qui s’en rapprochent reprennent des couleurs à chaque vacances : l’aventure ou comment organiser la survie en milieu naturel, le retrait de la civilisation, l’acceptation de la solitude, la nature complice et alliée ou inconnue et hostile, le triomphe ou, plus rarement, la défaite du héros. Un thème en appelant un autre, voici un autre récit d’après l’apocalypse et la destruction de toute forme de civilisation.

 

La peste écarlate

Un ancien professeur d’université erre en compagnie de ses petits-enfants, revêtus de peaux de bêtes, dans un paysage désolé. Celui de la baie de San Francisco, ravagée soixante ans auparavant par un terrible fléau. Nous sommes en 2013. Ils chassent pour se nourrir, se protègent des ours et des loups, font du feu. Ce survivant tente de raconter le monde d’avant à des enfants qui ne savent ni lire ni même compter. La seule issue est de reprendre depuis les commencements la marche vers la civilisation perdue. Roman, Jack London, 92 p, 1912.

 

 

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Bonne lecture,

Dans le circul’livres de Philippe-Auguste

Sur le thème de Robinson

Le mythe est vivace et les thèmes qui s’en rapprochent reprennent des couleurs à chaque vacances : l’aventure ou comment organiser la survie en milieu naturel, le retrait de la civilisation, l’acceptation de la solitude, la nature complice et alliée ou inconnue et hostile, le triomphe ou, plus rarement, la défaite du héros. Et quelle bonne idée, à l’âge adulte, de lire Jules Verne ? Un individu, coupé absolument du monde, perd-il son humanité ?

 

L’oncle Robinson
Jules Verne inspiré par le thème du naufrage, imagina reprendre à sa façon le mythe de Robinson Crusoé. Êchoués sur une île déserte du Pacifique après la mutinerie de l’équipage du voilier qui les emmenait vers les Etats-Unis, un couple et ses quatre enfants, héros involontaires, vont organiser leur existence dans un milieu inconnu et hostile, aidés par l’oncle Robinson, un matelot qui leur est resté fidèle. Roman, Jules Verne, 280 p, 1870 (1991 pour la présente édition).

 

 

 

L’île mystérieuse
Au cours de la guerre de Sécession,
cinq Nordistes : l’ingénieur Cyrus Smith et son chien Top, le reporter Gédéon Spilett, le Noir Nab, le marin Pencroff et le jeune Harbert, prisonniers des troupes séparatistes, se sont enfuis en ballon.
Pris dans la tempête, ils échouent sur une île déserte, en plein océan Pacifique. Ingénieux, persévérants, les cinq compagnons,  privés de tout, ne tardent pas à s’organiser, à vivre presque normalement. D’ailleurs l’île, qu’ils baptisent du nom de Lincoln, offre des ressources admirables et tout à faits inattendues. Roman, Jules Verne, 700 p. 1875 (2002 pour la présente édition).

 

 

Deux ans de vacances
Dans le Pacifique, un yacht, le Sloughi, est en perdition. A bord, quinze enfants de huit à quatorze ans. Pas un adulte avec eux; le bateau a rompu mystérieusement ses amarres dans un port de la Nouvelle Zélande alors que les enfants s’apprêtaient à entreprendre une croisière, et que tout l’équipage se trouvait à terre. La tempête précipite le Sloughi sur des écueils et les enfants, non sans peine, arrivent sur une île déserte. Les longues « vacances » commencent… Pour subsister, les enfants n’ont rien, que leur courage : ils chassent, pêchent, inventent des pièges, dressent des animaux, cultivent. Hélas ! des rivalités divisent la petite colonie, les caractères se heurtent, la scission est accomplie quand de redoutables bandits abordent le rivage. Une lutte implacable s’engage : enfants contre hommes sans foi ni loi… Roman, Jules Verne, 490 p, 1888 (2002 pour la présente édition).

 

 

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Sur le thème de Robinson

Le mythe est vivace et les thèmes qui s’en rapprochent reprennent des couleurs à chaque vacances : l’aventure ou comment organiser la survie en milieu naturel, le retrait de la civilisation, l’acceptation de la solitude, la nature complice et alliée ou inconnue et hostile, le triomphe ou, plus rarement, la défaite du héros. Voici une première sélection de quelques livres et suggestions pour vous et vos enfants.

 

Robinson Crusoé
Inspiré par l’histoire authentique de Alexandre Selkirk, en 1704, seul survivant du naufrage du Cinque Ports dans le Pacifique. Selkirk, d’un caractère difficile, s’était querellé avec le commandant et eut droit à être débarqué sur la première île habitable qui se présentait. Ce fut Mas a Tierra, à la hauteur de Santiago du Chili, peuplée seulement par des chèvres sauvages. Le navire sombra peu après. Aucun des membres de l’équipage ne réapparut. Seul, Selkirk survécut après être resté un peu plus de quatre années sur son île, avant d’être rapatrié par le capitaine Woods Rogers. Il avait oublié l’anglais, sa langue maternelle et avait tout du « sauvage ».
L’histoire tint longtemps en haleine les gazettes de l’époque et inspira Daniel Defoe pour les aventures de Robinson. Il déplaça l’île dans les Caraïbes, ajouta le personnage de Vendredi, prit un grand plaisir de romancier à imaginer la vie sur l’île déserte et y développa une pensée morale. Roman, Daniel Defoe, 390 p., 1719 (1997 pour la présente édition).

 

Walden ou la vie dans les bois
Un roman, mythe fondateur de l’écologie moderne ! A 28 ans, Henry David Thoreau, poète et philosophe, s’installe dans une cabane qu’il a construite au bord de l’étang de Walden, à un mile de Concord, Massachussetts. Il y séjourne seul deux ans, deux mois et deux jours, ni trop loin, ni trop près de la société des hommes. Il vit du  travail de ses mains, reçoit quelques visites d’amis ou d’admirateurs. Il lit, observe la nature et cultive ses propres légumes. En 1844, il écrit son expérience de retour à la nature et de conscience environnementale. Fantasque, poétique et vivant, ce roman, en raison de sa dimension critique, est aussi un pamphlet que le bouillonnement de mai 68 a fait réapparaître pour sa pensée écologiste et libertaire. Surtout, Walden est l’affirmation philosophique de la nécessité de fondre toute action et toute éthique sur le rythme des éléments. Roman, Henry David Thoreau, 380 p. 1854 (1922 pour la traduction française).

 

Vendredi ou les limbes du Pacifique
L’histoire est librement adaptée du roman de Defoe.
Parce qu’il refuse d’abord d’assumer sa solitude et ne songe qu’à partir, Robinson est menacé par la déchéance et la folie. Puis il se ressaisit et entreprend de coloniser l’île, comme une possession anglaise. Non content de cultiver la terre et de domestiquer quelques chèvres, ce puritain avare et méthodique creuse des viviers, crée des rizières, accumule des provisions énormes, construit des édifices publics, promulgue des lois, un code pénal… La survenue de Vendredi paraît d’ailleurs justifier cette construction délirante : il va être le sujet de l’île, devenant tour à tour soldat, enfant de chœur, laquais, etc. En réalité, le sauvage répugne à cet ordre minutieux et ses bévues finissent par provoquer une catastrophe qui détruit l’œuvre de Robinson. Ils repartent tous deux de zéro.
Le sens du travail, le nudisme, la spéléologie, les bains de soleil, le colonialisme, le racisme, les innovations sexuelles, autant de préoccupations que l’auteur a insérées et illustrées dans le mythe éternel de Robinson Crusoé. Roman, Michel Tournier, 280 p., 1972

 

Vendredi ou la vie sauvage
Avec cette adaptation pour la jeunesse de Vendredi ou les Limbes du Pacifique, Michel Tournier poursuit sa réflexion sur la vie sauvage et la vie civilisée. Il considérait que cette version était meilleure que la précédente.
Roman, Michel Tournier, 180 p, 1977.

 

 

 

 

 

 

Into the wild
Le livre raconte, dans un travail de reconstitution fouillé et respectueux mené par Jon Krakauer, l’histoire de Christopher McCandless parti à 24 ans vivre la vie sauvage en Alaska. Il débute par la découverte du corps du jeune homme dans un bus abandonné, mort de malnutrition ou d’empoisonnement pour avoir avalé des graines toxiques. Imprégné des lectures de Tolstoï, Thoreau, Twain et London, l’aventurier a quitté la vie d’étudiant en Virginie et un milieu familial aisé. Il a d’abord sillonné le sud des Etats-Unis avant de suivre sa petite musique intérieure et de s’installer dans l’Alaska sauvage, seul, à pied dans la neige, en communion avec la nature avec 10 livres de riz, une carabine 22 long rifle, un appareil photo, des livres et une carte. En tout, il y survivra 112 jours, se nourrissant de racines et de gibier. Sean Penn a adapté l’œuvre au cinéma. Récit, Jon Krakauer, 250 p, 1996.

 

Dans les forêts de Sibérie
Sylvain Tesson est écrivain et voyageur français. Je recopie la dernière (de couverture) : « Assez tôt, j’ai compris que je n’allais pas pouvoir faire grand-chose pour changer le monde. Je me suis alors promis de m’installer quelque temps, seul, dans une cabane. Dans les forêts de Sibérie.
J’ai acquis une isba de bois, loin de tout, sur les bords du lac Baïkal.
Là, pendant six mois, à cinq jours de marche du premier village, perdu dans une nature démesurée, j’ai tâché de vivre dans la lenteur et la simplicité.
Je crois y être parvenu.
Deux chiens, un poêle à bois, une fenêtre ouverte sur un lac suffisent à l’existence.
Et si la liberté consistait à posséder le temps ?
Et si la richesse revenait à disposer de solitude, d’espace et de silence — toutes choses dont manqueront les générations futures ?
Tant qu’il y aura des cabanes au fond des bois, rien ne sera tout à fait perdu.  »
Récit. Sylvain Tesson, 288 p. 2011

 

Sur les chemins noirs
Du même, après un accident, du genre idiotie tout court : « La vie me laissait une chance, il était donc grand temps de traverser la France à pied sur mes chemins noirs. Là, personne ne vous indique ni comment vous tenir, ni quoi penser, ni même la direction à prendre. » Sylvain Tesson, 142 p. 2016

 

 

 

 

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Désert solitaire

Edward Abbey évoque son passage comme ranger dans le parc national des Arches en plein cœur du désert de l’Utah. Ce texte, un des plus beaux jamais écrit sur le désert américain, est un chant d’amour de la nature sauvage, la « wilderness », et un cri de colère après avoir constaté les dégâts apportés par ce qu’on appelle le progrès. « Je n’ai que d’excellents souvenirs de ces périodes, notamment des deux premières saisons, où le tourisme ne s’était pas encore développé et où le temps passait comme le temps devrait toujours passé : avec une lenteur extrême, des jours qui s’étirent et se traînent, longs et lents et libres comme des étés d’enfant. Il y avait enfin du temps pour ne rien faire, ou presque rien, et l’essentiel de la substance de ce livre est tiré, parfois tel quel, sans corrections ni ajouts, des pages du journal que je tenais au fil de ces jours qui s’écoulaient ainsi, sans à-coup ni rupture, pendant ces merveilleux étés. […] Ce n’est pas fondamentalement un livre sur le désert. En tenant les minutes des impressions que suscitait en moi la scène naturelle, je me suis avant tout efforcé de viser l’exactitude, car je crois qu’il existe une forme de poésie, et même une forme de vérité, dans la pure nudité des faits. Mais le désert est un vaste monde, un monde océanique aussi profond, aussi complexe et changeant que la mer. » Une merveille de langage, de combativité, d’humour, de mauvaise foi, bref de poésie sur la vie sauvage. Roman, Edward Abbey, 1968, 350 p.

 

 

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Il faut tuer José Bové

A mourir de rire. Un tueur à gages est engagé pour liquider le leader des altermondialistes qui a refusé de d’accorder son droit à l’image à un fabricant de jouets qui veut inonder le marché avec des figurines José Bové… Clins d’œil, humour dans les détails des dessins, dialogues enlevés, cette balade chez les altermondialistes n’épargne personne ! Bande dessinée, Jul, 48 p., 2010.

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Au delà du bio : la consom’action

C’est dit, consommer est un nouvel acte de citoyenneté. A condition d’y mettre une éthique, des enjeux et du sens au devenir du monde. Un ouvrage qui offre des pistes pour prendre position et s’engager en pratique comme consommateur et citoyen. Essai, Jean-Pierre Rimsky-Korsakoff, 236 p., 2003.

 

 

 

 

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Les poules préfèrent les cages

Il y a quelques années, une étude scientifique sur le comportement des poules élevées en batterie concluait qu’elles n’étaient pas gênées par leur cage, mais s’y trouvaient au contraire plus en sécurité qu’ailleurs. De là à dire que les poules préfèrent les cages, il n’y a qu’un pas. Pourquoi ne pas dire alors que les veaux préfèrent être dans l’obscurité, les otaries exhibées dans des cirques et les Indiens parqués dans des réserves ? Manifeste, Armand Farrachi, 120 p., 2012.

 

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