Champs de bataille — L’histoire enfouie du remembrement
Le « remembrement ». Cette politique décisive pour le déploiement de l’agriculture intensive a été peu documentée. Aucun livre d’histoire ou de sociologie n’a été consacré aux perdants de cette politique ni aux résistants à ce bouleversement. À la sortie de la Seconde Guerre mondiale, l’État fait redessiner les terres agricoles dans la plupart des campagnes françaises. Accessibilité des champs par des machines, regroupement des parcelles et disparition des haies et talus. C’est le « remembrement ». L’objectif est que la paysannerie produise davantage, que le pays atteigne son auto-suffisance alimentaire et que la France devienne une puissance agricole mondiale. L’ouvrage enquête sur l’autre face de la médaille et examine comment cette politique a fracturé le monde rural. De façon irréversible ? Bande dessinée documentaire, Inès Léraud (textes) et Pierre Van Hove (dessins), 184 p., 2024.
Bonne lecture,

Merci pour la découverte de cette BD, que j’ai sans doute conservée un peu trop longtemps avant d’enfin la ramener dans le système de prêt de livres de notre AMAP…
J’avais entendu parler du remembrement dans des livres parlant des visites de De Gaulle en province, puisque cela faisait systématiquement partie des questions posées aux agriculteurs (présélectionnés?) qu’il rencontrait dans les Mairies: « Et le remembrement, chez vous? », si j’ai bien compris…
Mais l’histoire semble avoir commencé avant même son retour au pouvoir en 1958 et la création de la Ve République: elle avait été entamée à grande échelle sous la IVe… selon ce que montre cette BD.
J’ai trouvé intéressant l’exposition des différentes raisons des opposants, qui ne prenaient pas forcément en compte l’ensemble des paramètres sur lesquels nous avons aujourd’hui le recul permettant d’évaluer les conséquences environnementales. Ce qui les révoltait, c’était le côté « forcé » de la chose, les vergers abattus, les « bonnes terres » échangées « de force » contre des mauvaises, les « perdants » contre les « gagnants », le « pot de terre » contre le « pot de fer », et force qui doit rester aux décisions technocratiques. Je ne savais pas que le maire avait à l’époque le pouvoir de faire interner en psychiatrie un manifestant, je me demande si c’est toujours le cas?
Je me demande quel sera le prochain sujet dont pourra s’emparer notre duo d’auteurs?
(s) ta d loi du cine, « squatter » chez dasola