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Le ventre de Paris

Pris sur les barricades, Florent a été condamné au bagne de Cayenne. Il s’en évade et retourne à Paris, aux Halles, où il espère se cacher et revoir son frère. Ce dernier, un gros charcutier, a épousé la belle Lisa. Le couple lui procure une place d’inspecteur aux Halles et essaie de l’engraisser. Mais Florent, au pied des montagnes de viande, de légumes et de beurre, reste maigre. Il n’a faim que de justice. Généreux, tendre, persuadé que l’homme est bon et honnête, il rêve de politique et veut changer la société du Second Empire. Lisa prend peur, son argent est en danger ! Les bien-nourris feront taire les affamés.
L’action se passe essentiellement aux Halles centrales de Paris, construites par Victor Baltard entre 1854 et 1870. Zola en fait une sorte de monstre, comme le seront plus tard le grand magasin dans Au Bonheur des Dames, l’alambic dans l’Assommoir ou la locomotive dans la Bête humaine. Dans le roman se déploie aussi la bataille dite « des gras et des maigres ». Un homme gras, prospère et en bonne santé, est un homme honnête, à la conscience tranquille, tandis qu’un maigre est un crève-la-faim, un suspect, qui menace la tranquillité des repus.
En dehors de ce « gueux de Paris » où règne « cette humidité nauséabonde qui traîne le cadavre des êtres », dans le potager de madame François : « il semblait qu’à certains craquements, à certains soupirs légers, on entendit naître et pousser les légumes. Les carrés d’épinards et d’oseille, les bandes de radis, de navets, de carottes, les grands plants de pommes de terre et de chou… Plus loin, les rigoles de salades, les oignons, les poireaux, les céleris, alignés plantés au cordeau , semblaient des soldats de plomb à la parade. » Roman, Émile Zola, 468 p., 1873.

Bonne lecture,

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