Dans le circul’livres de Philippe-Auguste

 

Les fruits de ma colère

Plaidoyer pour un monde paysan qu’on assassine ! L’auteur est un bon représentant des paysans étranglés. Les vergers à l’abandon, le paysage qui se désertifie, l’humiliation et l’ensauvagement des paysans, le scandale de la grande distribution. Paroles, Pierre Priolet, 146 p. 2011

 

 

Bonne lecture,

Une réflexion sur “Dans le circul’livres de Philippe-Auguste

  1. Je me souviens que notre AMAP avait invité Pierre Priolet mercredi 29 février 2012 à 21 h pour une rencontre rue des Haies. Absent à l’événement, je m’étais offert un exemplaire de son livre. Je viens de le relire.
    Ce livre-témoignage analyse les raisons qui ont poussé Pierre Priolet à arracher spectaculairement ses 15 hectares de vergers en Provence le 4 novembre 2010. Comme un « donneur d’alerte », il analyse les raisons qui, selon lui, ne permettent plus désormais aux mono-agriculteurs de vivre de leurs produits écoulés en grande distribution. Les AMAP ne figurent guère parmi les solutions qu’il prônait par le biais d’une association, « Consommer juste », dont il parle en fin d’ouvrage. Les dernières informations disponibles sur http://www.consommer-juste.fr/ remontent à début 2017.
    C’est bien en « chef d’entreprise » que raisonne l’auteur. Pour lui, le mal vient de ce que la douzaine de centrales d’achat des grandes surfaces achète la production des « chefs d’exploitations agricoles » au-dessous du coût de revient. Sa version des faits met au jour les contrats léonins : les acheteurs « se réservent » la possibilité d’acheter une certaine quantité et qualité de fruits, que le producteur, lui, doit s’astreindre à produire coûte que coûte. Mais ensuite, selon les conditions climatiques, l’appétence ou non des consommateurs, le prix de la concurrence sur le marché, les grandes surfaces ajustent au jour le jour leurs achats réels à livrer par camions entiers à un jour donné : au producteur de s’organiser et d’en faire les frais – et qui n’est pas content du système peut aller voir ailleurs. En tout cas, s’il se fâche, il sera « déréférencé » et on ne lui achètera plus rien. Le Marché – avec un « M » majuscule » – n’est qu’un marché de dupes. Par ailleurs, les « aides structurelles » accordées régulièrement aux exploitations agricoles semblent à l’auteur un piège : l’Etat, ou l’Europe, n’accorde des aides que si le producteur investit (donc s’endette auprès des banques – souvent le Crédit Agricole, que n’intéressent aujourd’hui plus, dit-il, ni l’activité ni le travail effectués, mais seulement le chiffre d’affaires réalisé par l’entreprise agricole). Les filières sont poussées à s’organiser en se regroupant : si j’ai bien compris, pour Pierre Priolet, cela n’a pour effet que de fournir des interlocuteurs (aux Centrales d’achat ou au Ministère), mais toujours pas de négocier un prix de vente incluant une marge suffisante pour vivre de son travail. Et de déplorer la perte de savoir-faire agricole français résultant de l’abandon du métier par lui ou par d’autres, en quelques années ou quelques décennies.
    La solution qu’il semblait tenter de mettre en place en 2012 (déclaration d’une antenne parisienne de « Consommer juste » en avril ?) s’apparentait si j’ai bien compris à la mise en place d’un système de vente directe local pour absorber une partie de la production agricole. Son approche était en tout cas de souhaiter que le prix d’achat de la production soit dans tous les cas (gros ? détail ?) calculé sur la base du total des coûts de production, plus les coûts d’emballage, plus le transport, plus la main-d’œuvre, plus la TVA.
    Mais nous sommes très loin, dans ce livre, de toutes références à la permaculture ou à des micro-fermes à production diversifiée.

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