« Indian Creek » est arrivé dans le circul’livres

Indian Creek

L’auteur a vingt ans, est étudiant à Missoula, quand, porté par une série de concours de circonstances, de hasards de la vie et de décisions prises à brûle-pourpoint, il échoue dans une tente des Eaux et Forêts aux confins de l’Idaho, près de la frontière avec le Montana, pour garder deux millions d’œufs de saumon. Il y restera sept mois. Sept mois seul dans les Rocheuses, comme dans les récits de trappeurs, avec un travail qui l’occupe environ une demi-heure par jour. Cela laisse du temps pour l’introspection ou, pour un jeune étudiant épris d’aventures, tester in vivo les recettes trouvées dans l’abondante littérature américaine consacrée aux hommes des bois, à la manière de tanner les peaux ou de saler la viande, ou encore de se fabriquer des mocassins. Un roman de nature writing’, sans portée morale ou philosophique, mais avec un sens épatant de la narration et un respect amoureux de la nature. Roman, Pete Fromm, 280 p. 2006

 

Bonne lecture,

2 réflexions sur “« Indian Creek » est arrivé dans le circul’livres

  1. De temps en temps, on voit passer sur internet du “buzz” à propos d’un “job de rêve”: être grassement payé pour, par exemple, aller veiller sur telle ou tel zone naturelle ou atoll de rêve dans les mers chaudes…
    A l’inverse, l’écrit autobiographique de Pete Fromm nous narre l’expérience vécue par un étudiant américain qui, il y a plus de 40 ans (ça se passait en 1978), s’était laissé aller à rêver d’approcher durant quelques mois d’hiver la vie des coureurs des bois et autres trappeurs du XIXe s.
    Au milieu du bouquin, je l’ai abandonné pour me replonger dans le diptyque de Roger Frison-Roche “Les terres de l’Infini” (La peau de bison / La vallée sans hommes). Je l’avais moi-même lu à la fin des années ’70 quand j’étais gamin, et j’en gardais le souvenir d’histoires de bivouacs dans la neige, de traineaux à chiens, d’expéditions en territoire sauvage et hostile… Je n’y ai pas retrouvé la magie de ma lecture adolescente. Bref, exit Frison-Roche, retour à Fromm.
    L’histoire de cette histoire (ou la mise en abyme) est intéressante: étudiant dilettante en biologie, l’auteur nous raconte avoir d’abord cherché à obtenir une bourse pour rédiger son “journal” de jeune homme “ranger” (ce qu’il n’a pas fait à l’époque), puis avoir été presque obligé de suivre un cours d’écriture créative pour obtenir les “crédits” qui lui manquaient et valider enfin son diplôme, et, de fil en aiguille, avoir commencé à rédiger de mémoire quelques textes tirés de son expérience hivernale au coeur des Rocheuses, qui ont fini par constituer ce livre, paru en 1993.
    Je l’ai bien apprécié et vous en recommande donc la lecture, mais je ne vais pas vous le raconter!
    Je dirais juste qu’on peut faire le lien avec Désert solitaire d’Edward Abbey, avec notamment le passage attaquant la “manie” américaine” de vouloir dénaturer la nature sous prétexte de permettre à tous les publics d’accéder dans les lieux les plus “sauvages”. Dans sa postface, l’auteur glisse comment, revenant avec femme et enfants peut-être vingt ans plus tard, il s’est aperçu que le “campement de Pete Fromm » était entré dans la légende (touristique)… et qu’on y accédait par une route goudronnée, cependant que la cabane inhospitalière où il lui arrivait de bivouaquer blotti dons son sac de couchage était pratiquement devenue un coquet chalet avec douche, poêle à gaz, et thermostat pour régler la température. Sic transit…

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s