Dans le circul’livres de Philippe-Auguste

Sur le thème de Robinson

Le mythe est vivace et les thèmes qui s’en rapprochent reprennent des couleurs à chaque vacances : l’aventure ou comment organiser la survie en milieu naturel, le retrait de la civilisation, l’acceptation de la solitude, la nature complice et alliée ou inconnue et hostile, le triomphe ou, plus rarement, la défaite du héros. Voici une première sélection de quelques livres et suggestions pour vous et vos enfants.

 

Robinson Crusoé
Inspiré par l’histoire authentique de Alexandre Selkirk, en 1704, seul survivant du naufrage du Cinque Ports dans le Pacifique. Selkirk, d’un caractère difficile, s’était querellé avec le commandant et eut droit à être débarqué sur la première île habitable qui se présentait. Ce fut Mas a Tierra, à la hauteur de Santiago du Chili, peuplée seulement par des chèvres sauvages. Le navire sombra peu après. Aucun des membres de l’équipage ne réapparut. Seul, Selkirk survécut après être resté un peu plus de quatre années sur son île, avant d’être rapatrié par le capitaine Woods Rogers. Il avait oublié l’anglais, sa langue maternelle et avait tout du « sauvage ».
L’histoire tint longtemps en haleine les gazettes de l’époque et inspira Daniel Defoe pour les aventures de Robinson. Il déplaça l’île dans les Caraïbes, ajouta le personnage de Vendredi, prit un grand plaisir de romancier à imaginer la vie sur l’île déserte et y développa une pensée morale. Roman, Daniel Defoe, 390 p., 1719 (1997 pour la présente édition).

 

Walden ou la vie dans les bois
Un roman, mythe fondateur de l’écologie moderne ! A 28 ans, Henry David Thoreau, poète et philosophe, s’installe dans une cabane qu’il a construite au bord de l’étang de Walden, à un mile de Concord, Massachussetts. Il y séjourne seul deux ans, deux mois et deux jours, ni trop loin, ni trop près de la société des hommes. Il vit du  travail de ses mains, reçoit quelques visites d’amis ou d’admirateurs. Il lit, observe la nature et cultive ses propres légumes. En 1844, il écrit son expérience de retour à la nature et de conscience environnementale. Fantasque, poétique et vivant, ce roman, en raison de sa dimension critique, est aussi un pamphlet que le bouillonnement de mai 68 a fait réapparaître pour sa pensée écologiste et libertaire. Surtout, Walden est l’affirmation philosophique de la nécessité de fondre toute action et toute éthique sur le rythme des éléments. Roman, Henry David Thoreau, 380 p. 1854 (1922 pour la traduction française).

 

Vendredi ou les limbes du Pacifique
L’histoire est librement adaptée du roman de Defoe.
Parce qu’il refuse d’abord d’assumer sa solitude et ne songe qu’à partir, Robinson est menacé par la déchéance et la folie. Puis il se ressaisit et entreprend de coloniser l’île, comme une possession anglaise. Non content de cultiver la terre et de domestiquer quelques chèvres, ce puritain avare et méthodique creuse des viviers, crée des rizières, accumule des provisions énormes, construit des édifices publics, promulgue des lois, un code pénal… La survenue de Vendredi paraît d’ailleurs justifier cette construction délirante : il va être le sujet de l’île, devenant tour à tour soldat, enfant de chœur, laquais, etc. En réalité, le sauvage répugne à cet ordre minutieux et ses bévues finissent par provoquer une catastrophe qui détruit l’œuvre de Robinson. Ils repartent tous deux de zéro.
Le sens du travail, le nudisme, la spéléologie, les bains de soleil, le colonialisme, le racisme, les innovations sexuelles, autant de préoccupations que l’auteur a insérées et illustrées dans le mythe éternel de Robinson Crusoé. Roman, Michel Tournier, 280 p., 1972

 

Vendredi ou la vie sauvage
Avec cette adaptation pour la jeunesse de Vendredi ou les Limbes du Pacifique, Michel Tournier poursuit sa réflexion sur la vie sauvage et la vie civilisée. Il considérait que cette version était meilleure que la précédente.
Roman, Michel Tournier, 180 p, 1977.

 

 

 

 

 

 

Into the wild
Le livre raconte, dans un travail de reconstitution fouillé et respectueux mené par Jon Krakauer, l’histoire de Christopher McCandless parti à 24 ans vivre la vie sauvage en Alaska. Il débute par la découverte du corps du jeune homme dans un bus abandonné, mort de malnutrition ou d’empoisonnement pour avoir avalé des graines toxiques. Imprégné des lectures de Tolstoï, Thoreau, Twain et London, l’aventurier a quitté la vie d’étudiant en Virginie et un milieu familial aisé. Il a d’abord sillonné le sud des Etats-Unis avant de suivre sa petite musique intérieure et de s’installer dans l’Alaska sauvage, seul, à pied dans la neige, en communion avec la nature avec 10 livres de riz, une carabine 22 long rifle, un appareil photo, des livres et une carte. En tout, il y survivra 112 jours, se nourrissant de racines et de gibier. Sean Penn a adapté l’œuvre au cinéma. Récit, Jon Krakauer, 250 p, 1996.

 

Dans les forêts de Sibérie
Sylvain Tesson est écrivain et voyageur français. Je recopie la dernière (de couverture) : « Assez tôt, j’ai compris que je n’allais pas pouvoir faire grand-chose pour changer le monde. Je me suis alors promis de m’installer quelque temps, seul, dans une cabane. Dans les forêts de Sibérie.
J’ai acquis une isba de bois, loin de tout, sur les bords du lac Baïkal.
Là, pendant six mois, à cinq jours de marche du premier village, perdu dans une nature démesurée, j’ai tâché de vivre dans la lenteur et la simplicité.
Je crois y être parvenu.
Deux chiens, un poêle à bois, une fenêtre ouverte sur un lac suffisent à l’existence.
Et si la liberté consistait à posséder le temps ?
Et si la richesse revenait à disposer de solitude, d’espace et de silence — toutes choses dont manqueront les générations futures ?
Tant qu’il y aura des cabanes au fond des bois, rien ne sera tout à fait perdu.  »
Récit. Sylvain Tesson, 288 p. 2011

 

Sur les chemins noirs
Du même, après un accident, du genre idiotie tout court : « La vie me laissait une chance, il était donc grand temps de traverser la France à pied sur mes chemins noirs. Là, personne ne vous indique ni comment vous tenir, ni quoi penser, ni même la direction à prendre. » Sylvain Tesson, 142 p. 2016

 

 

 

 

Vous avez peut-être dans votre bibliothèque de quoi étoffer cette rubrique ! Regardez…

 

Bonne lecture,

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