« Il est où le patron ? » est arrivé dans le Circul’livres

Il est où le patron ? Chroniques de paysannes

  • Au fil d’une saison agricole, dans un petit village de moyenne montagne, trois femmes paysannes, voisines de marché, se rencontrent, s’entraident et se lient d’amitié. Elles ont des parcours de vie différents : Jo vient de terminer ses études et s’installe tout juste pour reprendre une ferme caprine. Il y a cinq ans, Anouk a quitté la ville où elle habitait pour emménager à la campagne, depuis, elle est apicultrice. Coline, mariée deux enfants, est originaire du village. Elle a repris il y a dix ans la ferme et les brebis laitières de ses parents. Toutes trois sont confrontées au sexisme ambiant. En les suivant dans la pratique de leur métier, on accompagne leur cheminement quotidien sur les questions féministes autant que sur la difficulté de la vie agricole. En partageant leurs expériences, ces femmes se donnent la force de faire entendre une autre voie que celle du patriarcat. C’est bien enlevé ! Le ton est à l’humour bien plus qu’au règlement de compte : y a-t-il un meilleur moyen de dire que les femmes rencontrent des difficultés particulières dans ce métier ? Que si le machisme agricole pouvait mettre les bouts, on s’en porterait toutes et tous bien mieux ? Bande dessinée, Maud Bénézit et les paysannes en polaire, 190 p., 2021.

   

Bonne lecture !

2 réflexions sur “« Il est où le patron ? » est arrivé dans le Circul’livres

  1. Je suis content d’avoir pu lire cette BD dont j’avais entendu parler il y a déjà quelque temps. Elle compte beaucoup de pages, de jolies images aux teints pastels (dominance de bleu). Le style de dessin m’a fait un peu songer (de loin, hein!) à du Emile Bravo.
    Sur le fond, en découvrant cette série d’anecdotes montrant les difficultés à se faire reconnaître comme « agricultrice » à part entière, j’avoue par exemple n’avoir pu m’empêcher de rigoler tout seul quand la présence d’observaTEURS perturbe une conductrice de tracteur au point qu’elle en oublie de rabaisser son outil après avoir fait demi-tour au fond du champ, avant d’entamer son passage suivant… et ne s’en aperçoit qu’au bout de 15 mètres (p.68)! Ou bien suite aux déceptions occasionnées par le « blaireau/boulet » plus intéressé par la chevrière que par ses chèvres (« Bêêê! Il est fort, ton lait! Bah oui, c’est du lait de chèvre… »). On sourit quand, à la question angoissée de l’éleveuse de brebis qui demande « est-ce que vous m’aimez? », ce sont les brebis qui répondent d’une seule voix: « bêhhêêêê ». J’ai, encore, apprécié les cinq « hors texte » sur les quatre saisons ainsi que l’épilogue final, qui montre bien le cheminement du temps et l’évolution de certains personnages. Bref, une BD qui se lit très bien et très (trop!) vite, on en redemanderait. C’est vrai que, en tant que lecteur (masculin), il m’est arrivé de « me reconnaître » dans telle ou telle « mise en situation ».
    Comme l’explique le mot de la fin, cette BD, basée sur des faits réels, est « le reflet des constructions sociales de ses autrices, toutes les six des femmes jeunes, cisgenres, blanches, hétéronormées et ayant fait des études supérieurs ». Elle ne reflète bien évidemment pas exhaustivement la vie de toutes les « agricultrices » ni, a fortiori, celle de toutes les femmes vivant en zone rurale.

    • C’est une BD très sympa sur la vie des agricultrices et le chemin parcouru dans le milieu paysan, plutôt très sexiste. L’agriculture est exclusivement une affaire d’homme jusqu’à la fin du XXe s. Il faut attendre 1980 pour que le statut de « co-exploitante » soit créé ; la loi d’orientation agricole, qui marque un réel progrès en matière de protection sociale des agricultrices, date de 1999.
      Avec des revenus inférieurs de 25% , les agricultrices représentent à peine plus du quart des exploitants.

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