En ce mois d’août, sous le titre de Planète Mer, des livres sur la mer, immense et voyageuse, qui emmène avec elle les sujets variés et graves que sont la pêche durable, la navigation, l’impasse de la pisciculture, les requins, l’alimentation humaine et animale, le rôle du plancton, les campagnes écolos, la pollution, la protection de l’habitat naturel, l’avenir des pôles…
Pêcheur d’Islande

Ce roman écrit en 1886 nous donne à voir une vision quelque peu idéalisée de la pêche à la morue au XIXe siècle. Ceux qu’on appelait les « Islandais » partaient pour des campagnes de pêche qui duraient les deux tiers de l’année, laissant loin leur Bretagne natale et leur famille, pour aller tirer de la mer le poisson qui les faisait vivre. Payés « à la part », une bonne campagne pouvait leur rapporter une somme de plusieurs centaines de francs-or… moyennant un travail harassant, des conditions de vies plus effroyables que ce qui transparaît dans le roman, et le danger de ne pas en revenir (tomber à la mer, perte de tout le bateau…).
Pierre Loti, lui, a mis davantage l’accent sur la romance (chassé-croisé) entre une héritière et un marin têtu.
Le livre reste intéressant pour ses aspects sociologiques et « métier durable ». Ce poisson durement tiré de la mer et cher vendu laissait « durer » une ressource bien plus que ne le fait la « grande pêche » de nos jours. Les tonnages « cueillis » au fil des mois n’avaient, je crois, rien à voir avec ce qu’extraient d’un seul coup de chalut les bateaux-usine d’aujourd’hui, qui doivent, pour couvrir les énormes investissements en capitaux qu’ils représentent, surexploiter et épuiser la ressource… Après eux, le déluge!
Roman, Pierre Loti, Pêcheur d’Islande, Gallimard, Coll. Folio classique N°1982, 338 p., 2001 (DL dans la coll. 1988)
Bonne lecture,