La Toile des AMAP n°156 – 7e regard sur nos correspondants étrangers (le réseau des Fermiers de famille au Québec)

PénélopeSaviez-vous que, selon le site internet du MIRAMAP (1), on dénombrait en France, en 2015, plus de 2000 (deux mille) « groupes en AMAP » représentant quelque 250 000 amapiens? Cela doit représenter, en tout cas, des centaines de blogs ou sites comme le nôtre… Mais à l’étranger aussi, ce genre de partenariat s’est implanté. Petit regard extérieur.

Dans l’idée d’en terminer avec l’Europe francophone et surtout les pays frontaliers de la France, je me suis demandé s’il existait un « GAS » italien (Groupe d’achat solidaire) dans le Val d’Aoste, sans résultat. Je n’ai rien trouvé non plus en Andorre (dont notre Président est co-prince), si ce n’est une Biocoop. A défaut, comme annoncé dans les épisodes précédents, j’ai enfin cherché des informations sur le Québec. Je me suis donc renseigné pour en savoir plus sur leur réseau des « Fermiers de famille » dont Urgenci signale l’existence (2). Vérification faite, le fonctionnement de l’agriculture soutenue par la communauté y est différent de ce qui se passe en Europe. 

Reseau_des_Fermiers_de_famille

Réseau des fermiers de famille, Montréal & Québec (QC), https://www.fermierdefamille.org et https://www.facebook.com/Fermierdefamille/

Malheureusement, depuis l’ordinateur de mon lieu de confinement, je ne peux pas accéder aux articles figurant sur le site d’Equiterre (3) qui permettraient de reconstituer un «historique» au fil des ans: en effet, ils basculent tous, en une seconde, vers la plateforme de type «service» (pour ne pas dire «plateforme de marché») des fermiers de famille (ci-dessus), où il n’y a presque rien à lire en terme d’informations d’intérêt général autres que «pratico-pratiques». N’y ayant pas déniché d’informations sur les groupes de consom’acteurs, j’ai envoyé un mail pour savoir ce qu’il en était: je voulais savoir si, au Québec, il n’existait que l’intermédiation d’Equiterre via le réseau des fermiers de famille (côté producteurs, donc), ou bien s’il existait parallèlement un système similaire aux AMAP et GASAP, ou un groupe de citoyens se «prend en main» en autogestion (en association déclarée, ou non!), pour rédiger et gérer les contrats avec leur fermier, les distributions lors des livraisons des légumes, et une vie «associative» (festivités, visites à la ferme, recettes, «feuille de chou», blog, site internet… etc.), et, si oui (si ce genre de groupes chacun différent des autres existait), s’ils étaient fédérés quelque part (si une liste en existait…)? Je commence par retranscrire ci-dessous la réponse reçue, avant de rendre compte de mon complément d’enquête documentaire.

« Bonjour David,

Bravo pour vos articles et votre investissement dans l’agriculture paysanne !

En plus de regrouper les producteurs, le Réseau des fermiers de famille s’assure également de connecter les producteurs et les consommateurs (60000 au Québec, en Ontario et au Nouveau Brunswick).
La plateforme http://www.fermierdefamille.com permet aux fermes de détailler leurs offres d’abonnements (date de début et de fin, prix des paniers, points et jour/heure de livraison, infos sur la ferme…) et aux abonnés de s’inscrire en ligne.

Une fois les abonnements pris, les producteurs se chargent d’assurer les livraisons, de fournir des recettes, d’organiser des journées d’entraide et de communiquer via les réseaux sociaux et leur infolettre.

En complément, le Réseau des fermiers de famille mène des actions de sensibilisation auprès du public et des producteurs sur les bienfaits de l’agriculture locale et biologique. Il soutient également les fermes du Réseau en leur offrant une large palette de services.

En Amérique du Nord, le fonctionnement de l’agriculture soutenue par la communauté est différent de l’Europe puisque ce sont les producteurs qui initient la communauté.
Il n’y a donc pas, à ma connaissance, de regroupements de consommateurs mais chaque ferme dispose d’une communauté de mangeurs actifs et les services proposés sont similaires à ce que l’on retrouve en Europe.

J’espère avoir répondu à vos questions et reste disponible si vous avez d’autres questions.

Au plaisir,

Marc Simonnot
Chargé de communications
Réseau des fermiers de famille
tél : 514 543-1103
http://www.fermierdefamille.com »

*

*          *

Créé par Équiterre en 1995 sur les principes d’une agriculture soutenue par la communauté (ASC), le Réseau des fermiers de famille comptait à son lancement 7 fermes et 250 familles au Québec. Il fait le pont entre les producteurs locaux et les citoyens mangeurs par la formule des paniers bio. Aujourd’hui, le Réseau regroupe plus de 130 fermes biologiques au Québec et au Nouveau-Brunswick, qui nourrissent chaque année près de 20 000 familles. Lorsque Equiterre le prenait en charge (en y affectant, sauf erreur de ma part, les effectifs salariés nécessaires), le réseau, l’un des plus vastes au monde, pouvait être considéré comme «un système unique où une association non lucrative contacte les consommateurs pour les agriculteurs et offre un support technique à ces derniers» (4). Une certaine proximité paraissait encore exister en octobre 2017. Mais aujourd’hui, d’après ce qui figure sur son site internet, le réseau paraît totalement autonome par rapport à l’ONG (même s’il affiche toujours «sur une idée originale d’Equiterre»). A une seconde question de ma part, M. Simonnot m’a répondu: «en 2020, fort de ses 24 années d’expérience, le RFF est passé aux mains des productrices et des producteurs. Désormais géré par la Coopérative pour l’agriculture de proximité écologique (CAPÉ), le Réseau va continuer à grandir en misant sur une structure solide, un membrariat en hausse constante et un engouement de plus en plus grand de la part des consommateurs. C’est pourquoi nous avons redirigé toutes les pages parlant du Réseau du site d’Équiterre vers le nôtre. Cela dit, nous continuons à travailler en étroite collaboration avec Équiterre, d’autant plus que [la question de] l’autosuffisance alimentaire des territoires n’a jamais été aussi importante» (5).

Pour conclure, je remarque que le lien avec la Suisse, à laquelle je reviendrai dans deux semaines pour conclure mon «tour du monde francophone», existe, même s’il est ténu: Laure Waridel, une des 6 personnes à avoir co-fondé Equiterre, est née dans le canton de Vaud en 1973 (sa famille a émigré au Québec pour y exploiter une ferme laitière lorsqu’elle avait deux ans). Equiterre, dont elle est aujourd’hui membre d’honneur, a mis en place une bourse universitaire à son nom, attribuée depuis 2008 (6).

 

(1) pour de plus longues listes: http://miramap.org/-Les-AMAP-.html (consulté le 02/02/2020).

(2) On peut lire figurant sur le site d’Urgenci (le réseau international des Partenariats Locaux Solidaires entre Producteurs et Consommateurs pour soutenir une agriculture paysanne) un article exposant, en 2010, la situation au Québec.

(3) Créée en 1993 sous le nom d’ASEED, Equiterre (nom adopté en 1998) est aujourd’hui une grosse ONG qui se concentre surtout sur son activité de lobbying concernant les problématiques environnementales et écologiques au Québec. Equiterre affichait même une liste de recettes.

(4) J’ai repris la formulation d’un article de 2012 en ligne ici trouvé lors de mes recherches.

(5) Merci à M. Simonnot de m’avoir signalé un récent article de Reporterre concernant «le grand chantier de de l’autosuffisance» alimentaire au Québec (30/03/2020).

(6) Créée en 2008, la bourse Laure Waridel d’une valeur de 10 000 $ vise à encourager la diffusion de recherches au Québec dans les principaux domaines d’intervention d’Équiterre et à reconnaître la contribution exceptionnelle de la cofondatrice d’Équiterre en 1993, à l’avancement des enjeux environnementaux et sociaux.

 

Ta d loi du cine, membre de l’AMAP Réunion / Père Lachaise depuis 2010, présent sur la blogosphère depuis 2007.

Connaissant donc un peu le monde des blogs par ailleurs (et son fonctionnement en « réciprocité »), je vous demande de ne pas hésiter à « poster un commentaire » (si possible) en remerciement sous une recette ou un article qui vous a intéressé, sans oublier de mentionner le lien vers notre propre blog (éventuellement le lien de cet article-ci).

2 réflexions sur “La Toile des AMAP n°156 – 7e regard sur nos correspondants étrangers (le réseau des Fermiers de famille au Québec)

    • Bonjour Anne F
      Merci pour votre lecture et ce retour.
      1/ Je n’ai pas réussi à voir le site internet qui figure sur le lien que vous avez indiqué (www.gasaosta.it): je ne sais pas s’il est encore actif en 2020, ou non?
      Cependant, leur page facebook semble indiquer que ce GAS Aosta est toujours en activité: https://it-it.facebook.com/gasaosta/
      2/ J’ai en tout cas été jeter un coup d’oeil sur votre Forum d’AMAPRESS, et, y ayant lu les mésaventures d’un producteur d’oeufs victime d’un vol de poules, j’ai versé une petite contribution à la cagnotte Litchi le concernant. Merci pour l’information (https://forum.amapress.fr/forums/topic/solidarite-suite-vol-200-poules/)!
      Cordialement

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