Des idées pour manger autre chose que des sandwichs dans les pique-niques. Valables aussi chez soi pour un repas sans manière. Crevettes marinées, gâteau à la carotte ou gazpacho… En plus, la présentation est très jolie ! Recettes, 76 p., 2017.
Quatre Indiens du Canada s’en vont « trapper » en plein hiver dans la taïga. Mais ceux-ci ont vieilli, le froid est mordant et le gibier est rare, car l’homme a attaqué la forêt ; déboisant à outrance, il a détruit les équilibres naturels… Dans cette ambiance crépusculaire rôde le carcajou, sorte d’incarnation du mal, féroce et cruel, qui dévore tout sur son passage. Waboos, le plus âgé des chasseurs, se lance à sa poursuite… Un roman court qui est aussi une quête spirituelle dans un monde très sombre et offre un grand bonheur de lecture. Roman, Bernard Clavel, 148 p., 1996.
Une cinquantaine de recettes faciles pour recevoir famille et amis et tout oser ou presque : repas de crêpes, couscous, blinis, tartiflette… De l’entrée au dessert – épatez-vous ! Recettes, Élisa Vergne, Minouche Pastier, Maya Barakat-Nuo, 64 p., 2004.
Géographe visionnaire, anarchiste convaincu, végétarien et naturiste précoce, voyageur sensuel et écrivain prolixe, Élisée Reclus (1830-1905) est l’une des figures intellectuelles les plus étonnantes de notre histoire contemporaine. Et des plus oubliées. Cet essai biographique, enrichi d’une anthologie de textes, nous invite à redécouvrir la pensée de cet homme, moderne et féconde. Biographie, Isabelle Louviot (Illustrations de Georges Peignard), 180 p., 2024.
« Ici, Monsieur, c’est l’Ouest. Quand la légende dépasse la réalité, on publie la légende ». Voici le récit de ce que fut la vie de Frank Mayer, né à La Nouvelle-Orléans en 1850. Cet homme « ordinaire » qui aura connu les guerres avec les Indiens et la ruée vers l’or, devenu une figure archétypale de l’aventurier des Grandes Plaines, nous laisse un témoignage effarant sur le carnage sans précédent de près de quinze millions de bisons. Il raconte, entre 1870 et 1880, le quotidien de son « business », la façon qu’il avait trouvé pour économiser les balles, la collecte des ossements pour les industries agroalimentaires de la côte est. Mais ce récit haut en couleurs décrit d’abord un désastre environnemental… Récit, Franck Mayer, 120 p., 1958 (2025 en France).
Autobiographie d’un poulpe et autres récits d’anticipation
Nourrie de travaux scientifiques pointus, la philosophe y va de bon cœur ! Dans le récit éponyme, on a retrouvé des traces d’écriture de poulpe sur des tessons de poterie sous-marine : « Plus de coquillages, plus d’espoir »… Un animal qui s’exprime par jets d’encre, c’est tentant pour un littérateur… Mais on découvre aussi que les acouphènes dont on croyait victimes les arachnologues étaient en fait les pensées vibratoires des araignées. Et encore ailleurs, que le wombat qui construit des murs avec ses fèces carrées est expert en géopolitique. Par ce recours à la fiction, l’autrice pousse de quelques crans les expériences de pensée que lui inspirent depuis longtemps les découvertes des éthologistes. Bienvenue en thérologie, l’étude du monde sauvage pour mieux cohabiter : discipline très sérieuse et néanmoins imaginaire qui se décline tout aussi malicieusement en thérolinguistique ou théroarchitecture… Récits imaginaires, Vinciane Despret, 140 p., 2021.
Voltaire commence à s’intéresser à la question végétarienne autour de l’année 1761. Cet intérêt « tardif » — Voltaire a alors soixante-huit ans — semble être lié à un grand nombre de ses lecture. À partir de 1762, le mot « végétarien » apparaît régulièrement dans l’œuvre du philosophe, mais le plus souvent de manière éparse et allusive. L’auteur consacre néanmoins plusieurs longs passages à la boucherie, à la viande, aux bêtes et à leurs souffrances qui sont lus aujourd’hui comme un plaidoyer implacable de la cause animale. Textes de Voltaire recueillis par Renan Larue, 60 p., 2014.
Halic le phoque n’a que quelques semaines lorsqu’une violente tempête le sépare de sa mère et l’arrache à sa rive natale. Il se retrouve loin des côtes porté par le courant. À ce moment commence sa vie chargée d’aventures. Roman (pour enfants à partir de 11-12 ans), Ewan Clarkson, 220 p., 1973.
En ce mois d’août, chaque samedi des livres de science-fiction évoquant d’autres planètes où des humains, colons ou naufragés, ont à faire face à une nature hostile… Et des romans d’anticipation, d’avenir imaginé plus ou moins proche, qui s’inquiètent des terres dégradées, remettant en cause la vie sur terre…
Un vaisseau fabuleux (et autres voyages galactiques)
Dans ce recueil de douze nouvelles, Philip K. Dick montre différents « univers » futuristes (pas de relation directe entre les nouvelles). Notre système solaire y a souvent « bénéficié » (de la colonisation humaine depuis la terre, des siècles auparavant (suffisamment de temps pour que des divergences apparaissent, d’une planète à l’autre). Du coup, racisme et antiracisme, tentation de la guerre et tentatives pour la paix, sont des ressorts récurrents. L’humanité semble n’être capable de s’unir que face à un danger extérieur à notre propre galaxie…
Le chantre des futurs incertains est aussi un grand maître du space opera.
Recueil de nouvelles, Philip K. Dick, Un vaisseau fabuleux (et autres voyages galactiques), Gallimard, Folio SF N°213, 373 pages, 2010 (trad. 2000, nouvelles de 1952 à 1954)
En ce mois d’août, chaque samedi des livres de science-fiction évoquant d’autres planètes où des humains, colons ou naufragés, ont à faire face à une nature hostile… Et des romans d’anticipation, d’avenir imaginé plus ou moins proche, qui s’inquiètent des terres dégradées, remettant en cause la vie sur terre…
Les champs de la lune
Sur la Lune qui n’a plus reçu de visites venant de la Terre depuis des lustres, un être féminin (humaine à 100%, ou pas?), El-Jarline, veille en surface au maintien en bon état de l’écosystème de sa « ferme » sous dôme, établie au profit d’une colonie souterraine. Elle reçoit de rares stagiaires (les enfants sont trop sensibles aux radiations) venus voir plantes et animaux, alerte sur les fragilités de son dôme, découvre non sans mal ce qui cause la « fièvre aspic », une espèce de « maladie du sommeil » qui décime les colons sélénites… .
Un conte empreint de poésie, de lenteur, d’humanité. On relèvera les alertes désespérées envoyées par El-Jarline touchant la « fissure » qui s’agrandit inexorablement au fil des jours dans le dôme fragile… alors que ces alertes ne provoquent strictement aucune action chez les « décideurs » (le dôme comme parabole?).
Roman, Catherine Dufour, Les champs de la lune, Robert Laffont, Coll. Ailleurs et demain, 284 p., 2024