« Une sacrée Mamie » est arrivé dans Amap-à-lire

Une sacrée mamie

Akihiro est un jeune garçon turbulent qui vit à Hiroshima, 10 ans après la guerre, avec sa mère et son frère. Il est confié du jour au lendemain à sa grand-mère qui habite dans la petite ville de Saiga. Tout d’abord triste de quitter sa famille et un peu effrayé de vivre seul avec une vieille femme à la campagne, Akihiro doit néanmoins apprendre à s’adapter et à aimer sa nouvelle existence. Un titre qui ne paye pas de mine, pourtant, le récit est autobiographique, le duo de la grand-mère et de l’enfant est irrésistible, le dessin est expressif et stylisé, bref, c’est un bijou ! Manga, Yoshichi Shimada et Saburo Ishikawa, 200 p., 2017.

Bonne lecture,

Une terre qui parle en Podcasts

Une série de 4 podcasts de 58 minutes chacun qui part du sentiment que les paysages semblent ne plus « raconter » grand-chose, ou, en tout cas, qu’ils ne racontent pas assez, pas à la mesure de l’épaisseur du vivant, en particulier quand il est en bonne santé, à l’instar d’une vieille forêt. 
Cela, en fait, fait écho à la crise de la sensibilité, en partie à l’origine de la catastrophe écologique, que notre Occident moderne, naturaliste, traverse. C’est parce qu’il ne nous « parle » pas qu’on peut maltraiter le vivant. 
À l’origine de cette insensibilité, il y a notamment « l’amnésie écologique » : notre référentiel est le milieu de notre enfance et, de génération en génération, notre environnement se dégrade sans que nous nous en rendions compte. Nous en sommes aujourd’hui à pouvoir trouver beau une monoculture de maïs… 
Quelle mémoire avons-nous perdu ? Et que faut-il retrouver ? Qu’est-ce qu’un milieu où il « se passe » quelque chose ? Qu’est-ce qu’une terre qui parle ? 

Poser cette question c’est réfléchir à l’usage de la terre, et en particulier à l’agriculture. A fortiori quand 54 % du territoire métropolitain est destiné à un usage agricole (15% de sylviculture monospécifique). 

Épisode 1 : La terre s’est tue
Dans le train, quand on regarde par la fenêtre, ce sont de vastes champs que l’on voit. Nous appelons cela «nature» et il arrive même que l’on trouve ça beau…

Épisode 2 : Biomasse
L’apocalypse climatique toque à la porte et voilà que, partout, il est question d’« énergies vertes ». Mais une transition énergétique n’est pas une transition écologique…

Épisode 3 : Des forêts en vie
Au milieu des arbres, vous pensiez vous balader dans une forêt ? C’est en fait un paysage industriel. Celui du développement durable.

Épisode 4 : Un monde hybride
Une nouvelle carte du vivant est à découvrir avec l’agriculture.

Bonne écoute,

TélérAmap semaine du 11 au 17 septembre 2021

Cette semaine, dans Télérama, en écologie, on voyage quelquefois tout près :

D’ailleurs

  • samedi 11 septembre sur Ushuaïa TV à 20h45, Erchema, par-delà les montagnes. Chez les Nas de Chine, le mariage n’existe pas, les femmes se partagent le pouvoir et les fantômes des ancêtres cohabitent avec les vivants. Dans son village isolé de la montagne, Erchema vit coupé du monde ; à 12 ans, ce petit coin de paradis constitue tout son univers. À quelques dizaines de kilomètres de là, au bord du lac Lugu, sa grande sœur vit dans le monde moderne : voilà quelques années, Lamu est allée à l’encontre de la tradition et de la volonté familiale… Elle s’est mariée, a monté un restaurant et vient d’avoir un enfant qu’elle élève avec son mari. À la fin de l’année scolaire, selon la volonté des membres de son clan, Erchema devra interrompre ses études pour travailler à plein temps dans les champs et participer à nourrir leur famille. Lamu n’est pas d’accord et elle est prête, une fois encore, à tout faire pour s’opposer à la décision familiale. Le destin de la jeune fille va se jouer dans les prochain mois. Un documentaire qui examine finement la parentalité Na — « une société sans père ni mari », les bouleversement sociaux induits par le tourisme et l’introduction du numérique, le passage d’une société traditionnelle à l’économie de marché.

D’ici

  • lundi 13 septembre sur France 5 à 20h55, France Terre sauvage, l’eau vive. L’eau vive conditionne la vie, façonne les paysages, irrigue les sols et les plantations, nourrit les forêts et abreuve les hommes comme les animaux. Des lacs, torrents, rivières et cours d’eau par milliers parsèment et parcourent la France sur plus de 500 000 km. Ce document propose une immersion au fil de l’eau, sur quatre saisons, à la découverte d’univers insoupçonnés et captivants. Des plus hauts sommets jusqu’aux lagunes maritimes, le film suit le long voyage de l’eau et des hommes qui la bordent. Des hommes qui racontent la reconquête d’un écosystème.

D’ici aussii

  • jeudi 16 septembre sur LCP à 20h30, Entendez-vous dans nos campagnes. La France rurale qui est montrée dans ce documentaire est celle de la France périphérique, en perte de repères, qui peine elle-même à se reconnaitre dans le mot « campagne ». L’auteur a installé ses caméras dans la mission locale de Molsheim., près de Strasbourg, en amont d’une zone ouvrière très touchée par le chômage et la désertification des villages. Pendant plusieurs mois, il a suivi des jeunes qui participent à la « garantie jeune », un dispositif qui propose une allocation en échange d’un parcours d’insertion. Une dizaine de jeunes participent à cet accompagnement vers l’emploi. Le documentaire est sensible : ces jeunes pris en charge sont en mal de tout, sans accès aux études, à la culture, à l’emploi. Le travail fourni est impressionnant d’empathie et d’humanité. L’isolement dans les campagnes est un véritable fléau. Le cadre structurant de cette allocation est un début de réponse.

Bonne semaine de TV, d’ici et d’ailleurs,

« Par-delà nature et culture » est arrivé dans Amap-à-lire

Par-delà nature et culture

« La nature, ça n’existe pas. » Peut-on penser le monde sans distinguer la culture de la nature ? L’auteur propose ici une approche nouvelle des manières de répartir continuités et discontinuités entre l’homme et son environnement : le totémisme, qui souligne la continuité matérielle et morale entre humains et non-humains , l’analogisme, qui postule entre les éléments du monde un réseau de discontinuités structuré par des relations de correspondances ; l’animisme, qui prête aux non-humains l’intériorité des humains, mais les en différencie par le corps ; le naturalisme qui nous rattache au contraire aux non-humains par les continuités matérielles et nous en sépare par l’aptitude culturelle. La lecture de l’ouvrage est de qualité théorique et assez particulièrement difficile. Mais de nombreux passages sont plus sensibles ou sont des retours d’expérience — la rencontre avec les Achuars (le dernier groupe des Jivaros, peu touché par les contacts extérieurs), ou la place du paysage dans la peinture, par exemple — et livrent des démonstrations puissantes, parlantes et vivantes. Mine de rien, avec cet ouvrage qui fait somme, la manière de penser en sciences se trouve fortement recomposée. Essai, Philippe Descola, 680 p., 2005.

Bonne lecture,

TélérAmap, semaine du 4 au 10 septembre 2021

Cette semaine, dans Télérama, en écologie, cherchant bien, on trouve :

Bons plans

  • dimanche 5 septembre sur Paris première à 12h, Très, très bon. Les très, très bons circuits courts de Bordeaux. Les aventuriers de ce rendez-vous culinaire s’en vont à Bordeaux. La ville déborde d’une folle énergie agricole et nourricière. Des huîtres du Médoc au boeuf de Bazas, des asperges du Blayais au poisson fumé du Bassin, des femmes et des hommes sont bien décidés à produire et cuisiner autrement.

Bon voyage

  • lundi 6 septembre sur France 5 à 20h55, Madagascar, les bons génies de la forêt. Sans la forêt, il n’y aurait pas de vie sur terre. La réalisatrice, documentariste engagée, met le cap sur Madagascar. Sur cette île, grande comme la France, elle va rencontrer des héros de la forêt. Cyril est botaniste, amoureux des baobabs. Avec lui, elle embarque pour une région accessible seulement par la mer. C’est dans la forêt que vit l’autre symbole de Madagascar : le lémurien. Le protéger est l’obsession de Jona, primatologue. Ensemble, ils partent dans la jungle où une mine clandestine menace les petits primates. Pour lutter contre le déboisement, Olivier, le parfumeur, a eu l’idée de planter des essences rares pour qu’un arbre debout rapporte plus qu’un arbre mort.

Bon voyage (bis)

  • jeudi 9 septembre sur France 3 à 23h30, Scandola: combat pour un sanctuaire. La réserve naturelle de Scandola est un joyau classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Le site attire chaque jour des milliers de touristes qui arrivent par bateaux. Les visiteurs viennent admirer des roches volcaniques sculptées par les millénaires et des fonds marins d’une extrême richesse. Mais ce patrimoine est aujourd’hui menacé, victime de sa beauté. D’après des scientifiques et des associations de défense de l’environnement, le tourisme de masse a des conséquences graves sur la biodiversité de ce territoire corse.

Bonne semaine de TV et d’ailleurs,

TélérAmap, semaine du 28 août au 30 septembre 2021

Avec Télérama, cette semaine c’est la rentrée pour les écolos (et l’écologie) :

Tendance

  • mardi 31 août sur France 5 à 20h50, La course au vrac. Le vrac, c’est un produit vendu sans emballage avec un prix au kilo. Ce mode de distribution serait bon pour l’environnement car il ne crée pas de déchet. Pourtant, ses bénéfices en la matière restent encore à démontrer. Depuis 2015, les épiceries de vrac ont poussé un peu partout en France, le marché du vrac explose et pèse déjà 1 milliard 300 millions d’euros. Ce succès a donné des idées aux géants de la grande distribution qui multiplient les offres. Mais l’absence d’emballage peut semer le doute : est-ce économique, écologique, hygiénique ?

Promesse de glace

  • mercredi 1er septembre sur UshuaÏa TV à 20h45, L’Arctique, vers une nouvelle guerre froide. Le climat se réchauffe autour du pôle Nord 3 fois plus vite que sur le reste de la planète. Jusqu’à présent, l’Arctique n’intéressait personne, mais, depuis peu, elle est devenue une région stratégique. Région que se disputent les Russes et les Américains, les Européens, mais aussi les Chinois et les Indiens tout récemment. Car l’Arctique est devenu un passage, un raccourci convoité. On met deux fois moins de temps en été pour aller d’Europe en Asie par la route du cercle polaire dégagée que par le Canal de Suez, la voie habituelle.  Juridiquement, le partage de ce territoire est laissé dans le flou : le Canada et la Russie affirment que ces routes passent dans leurs eaux territoriales mais pour les États-Unis et l’Europe, ces eaux sont internationales.  Pourrait-on assister à une nouvelle guerre froide ? Les Russes ont fait quelques manœuvres militaires au printemps. Les Américains, eux, ont envoyé des bombardiers en Norvège. Chacun montre ses forces. C’est aussi l’une des rares zones au monde où la biodiversité est préservée. Pour l’instant, il y a encore peu de bateaux, peu de forages, mais les protecteurs de l’environnement s’inquiètent : si la banquise continue de fondre au rythme actuel et le trafic maritime d’augmenter, que vont devenir plancton, poissons, ours et baleines ?

Bonne semaine de TV et d’ailleurs,

« Recyclage le grand enfumage » est arrivé dans Amap-à-lire

Recyclage, le grand enfumage

Comment l’économie circulaire est devenue l’alibi du jetable. En juillet 2018, une célèbre chaîne de café annonçait qu’elle remplaçait ses milliards de pailles par un couvercle de gobelet en plastique « recyclable » muni d’un bec. Sauf que la marque oubliait de préciser qu’il n’existe pas de filière, ni de débouchés pour le polypropylène (PP) souple dont ce couvercle est constitué. Moins drôle, sous couvert de recyclage, le traitement de certains déchets plastiques, électroniques, ou textiles reste encore massivement délocalisé avec son lot de pollutions et de nuisances. En somme, le recyclage qui semble s’attaquer à deux problématiques environnementales majeures : la surconsommation des ressources et la surproduction de déchets, n’apporte en réalité qu’une réponse très partielle puisque les procédés utilisés ont des limites techniques importantes, sont fortement consommateurs de ressources et d’énergie, et ont des débouchés insuffisants. L’auteur préconise, donc, de ne pas se laisser abuser par le terme passe-partout de « recyclage », de réduire en priorité les consommations et les déchets à la source et de privilégier la réutilisation, le réemploi et la réparation. Essai, Flore Berlingen. 128 p., 2020.

Bonne lecture,

« Planète nature » est arrivé dans Amap-à-lire

Planète nature

L’album réunit, en dix bandes dessinées, dix travaux de jeunes chercheurs. Une aventure inédite de vulgarisation scientifique pour (re)découvrir la recherche et se familiariser avec des sujets aussi divers que la persistance de la chlordécone dans l’environnement, l’animal-machine dans le discours littéraire ou encore l’exploration du magnésium comme carburant. Bande dessinée, Peb & Fox. 60 p., 2020.

Bonne lecture,