La Toile des AMAP N°169 – AMAP étudiantes & systèmes de paniers pour étudiants (0)

PénélopeSaviez-vous que, selon le site internet du MIRAMAP (1), on dénombrait en France, en 2015, plus de 2000 (deux mille) « groupes en AMAP » représentant quelque 250 000 amapiens? Cela doit représenter, en tout cas, des centaines de blogs ou sites comme le nôtre…

J’inaugure aujourd’hui dans la présente rubrique une « sous-série » un peu atypique, car elle se définit par son public de consom’acteurs, ou du moins par l’occasion qui leur est fournie de se regrouper. Nous sommes désormais en période de vacances universitaires. Les nouveaux bacheliers 2020 n’ont sans doute pas beaucoup de visibilité sur ce que pourra être leur vie étudiante à la rentrée 2020, Covid-19 oblige. Chercheront-ils à, heu… manger des légumes? Je m’étais déjà adressé aux étudiants (et/ou à leurs parents et grands-parents!) durant les étés 2017 et 2018.

Ma série « AMAP étudiantes et systèmes de paniers pour étudiants » sera basée sur une enquête que j’avais effectuée l’été dernier (2019), et dont je n’avais jamais pris la peine de synthétiser les résultats (pour des raisons qu’il serait trop long d’exposer ici). Chaque billet abordera un angle différent, et je choisirai des exemples d’illustration dans les quelque 30 questionnaires qui m’avaient été retournés (pour une soixantaine d’associations étudiantes contactées sur toute la France). Bien entendu, je sais que la plupart des étudiants qui m’avaient répondu en fin d’année universitaire 2018-2019 ne seront certainement plus en responsabilité à la Rentrée 2020-2021. Mais le fonctionnement de la vie associative étudiante devrait globalement être identique – à l’exception, évidemment, de ce qui est conditionné par la crise du Covid-19.

Je commence mon article par une jolie histoire, avec la seule association qui, n’étant plus en activité, a tout de même pris la peine de m’envoyer un bilan de son action (la rédactrice, ancienne étudiante de l’IUT d’Angers, était en déplacement à l’étranger et sans accès internet, mais a rédigé à la main ses réponses dans un agenda et m’en a envoyé les photos).

Le_panier_de_l_etudiant_Angers_2018   Reponses_1

Le panier de l’étudiant (49000 Angers, actif en 2017-1018), https://www.facebook.com/lepanierdeletudiant/

« Cette AMAP (sic !) s’est créée dans le cadre d’un exercice universitaire: un projet tutoré (…). Objectifs ? Plutôt service aux “étudiants/personnels” mais surtout considération écologique de la consommation alimentaire (…). Ce projet nous a énormément appris à tous les quatre, nous avons créé une AMAP (re-sic!) de A à Z sans réel soutien pédagogique. Nous avons été en contact direct avec des professionnels (maraîchers, autres AMAP etc.) qui ont été plus qu’agréables avec nous, de très belles rencontres en somme. Nous avons accompli quelque chose de chouette et engagé écologiquement. Je ne m’en rendais pas compte (de la valeur de ce projet) pendant mon année 2017-2018 car nous avons eu des difficultés (astreintes, densité de travail, problèmes avec l’équipe pédagogique censée nous encadrer…) mais aujourd’hui j’en suis très fière. »
Chiffres en réponse à mon enquête: la période couverte a duré du 13 novembre 2017 jusqu’aux vacances de février 2018 (soit une quinzaine de livraisons?). Il s’agissait d’un système de commande de paniers d’une semaine sur l’autre. Chaque semaine, le nombre de paniers se situait dans la fourchette de 25-50. Personne n’a pris la suite des 4 étudiant(e)s qui avaient monté ce « projet tutoré » dans le cadre de leurs études.

Cela me fournit l’occasion de poser quelques bases sur ce qu’est une AMAP et ce qui n’est pas une AMAP. Certains de ceux que j’appelle des « systèmes de paniers pour étudiants » qui m’ont répondu sont capables d’assumer « Nous ne sommes pas une AMAP » en expliquant pourquoi, et cela témoigne a contrario de leur connaissance de ce qu’implique le terme d’AMAP. Pour d’autres, on peut deviner une méconnaissance, une conception plutôt floue et imprécise de ce que représente le terme « AMAP », et parfois une tendance à baptiser ainsi tout système de panier proposant l’achat de légumes, quelles qu’en soient les conditions ou les motivations… !

Pour rappel, la première Charte des AMAP a été fixée en mai 2003 sous l’égide d’Alliance Provence (dont j’ai raconté ici la naissance en 2001) (2). Un chantier de mise à jour de cette Charte, débuté en 2012 et ouvert à toutes les AMAP et tous les réseaux AMAP de France, a abouti à une version actualisée, adoptée en mars 2014 dans le cadre du MIRAMAP et toujours en vigueur aujourd’hui (3). Chaque « groupe en AMAP » qui se crée doit donc s’y conformer pour avoir le droit d’utiliser la « marque » AMAP (enregistrée à l’INPI par le MIRAMAP).

Cette charte « Version 2014 » repose sur 5 principes et 3 engagements, et mentionne que les AMAP sont un mouvement vivant en évolution constante. A noter qu’il peut arriver que des groupes en AMAP créés avant 2012 continuent à s’appuyer sur la Charte de 2003. On trouve même parmi les quelque 2000 AMAP deux ou trois dizaines d’AMAPP, qui tiennent à mettre en avant un aspect « locavore » et soutien à l’agriculture locale particulièrement prononcé (l’acronyme signifiant Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne de Proximité), cependant que la Charte de 2014 ne fait aucune mention de distance kilométrique entre paysan et groupe de consom’acteurs.

Au sein des établissements d’enseignement supérieur (Universités, Grandes Ecoles, …) peuvent se créer non seulement de véritables AMAP étudiantes (avec des spécificités bien sûr – j’y reviendrai dans les prochains articles), mais aussi de très nombreux Systèmes de paniers pour étudiants (j’en ai identifié des dizaines, sans prétendre être exhaustif), qui peuvent différer les uns des autres par leurs initiateurs, les motivations de ceux-ci, leurs valeurs, leur contenu, leurs prix, leurs modalités d’adhésion, leurs bénéficiaires (leur nombre et leur recrutement), leurs producteurs (en « circuit court » ou non)… Parfois est juste mis en avant un souci de procurer aux étudiants une nourriture saine, pour le même prix que celui par lequel ils pourraient se nourrir chez MacTrump en « junk food » (cette formule est de moi).

Bref, je ne sais pas encore en combien d’articles j’aurai fait le tour de mon sujet. Rien ne m’empêche en tout cas d’entrelacer cette série d’articles avec des présentations d’AMAP plus classiques (comme je l’avais fait pour ma série sur nos homologues étrangers: un article sur deux…).

(1) pour de plus longues listes: http://miramap.org/-Les-AMAP-.html (consulté le 29/05/2020).

(2) Charte_AMAP_alliance_provence_mai_2003, enregistrée par Alliance Provence à l’INPI, et aujourd’hui remplacée par la Charte de 2014.

(3) Charte_des_AMAP_version_mars_2014, toujours en vigueur aujourd’hui.

Ta d loi du cine, membre de l’AMAP Réunion / Père Lachaise depuis 2010, présent sur la blogosphère depuis 2007.

Connaissant donc un peu le monde des blogs par ailleurs (et son fonctionnement en « réciprocité »), je vous demande de ne pas hésiter à « poster un commentaire » (si possible) en remerciement sous une recette ou un article qui vous a intéressé, sans oublier de mentionner le lien vers notre propre blog (éventuellement le lien de cet article-ci).

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