Finansol

Pour conclure cette série sur les Finances solidaires, nous parlerons aujourd’hui de Finansol. Cette fois-ci, la thématique sera plus générale et souvent sans rapport avec le bio ou l’agriculture.

Connaissez-vous (déjà) Finansol ?

Un peu d’histoire : en 1995, un certain nombre d’acteurs financeurs solidaires (organismes collectant de l’épargne pour l’affecter au financement des causes qu’ils soutiennent) ont fondé le collectif Finansol, mis en place pour représenter et promouvoir (auprès des pouvoirs publics comme auprès du « grand public ») les Finances solidaires. En 1997, le label Finansol a été créé pour, lui, distinguer les produits d’épargne solidaire des autres produits d’épargne auprès du grand public. Depuis, Finansol a aussi mis en place un baromètre de la finance solidaire (2003) puis un Grand Prix de la finance solidaire (2010).

Qu’est-ce qui nous concerne là-dedans ?

Déjà, il faut bien distinguer deux choses : en premier lieu, vous pouvez décider de soutenir directement (par du don à des associations ou fondations, par des souscriptions d’actions dans telle ou telle société ou coopérative), un (ou plusieurs !) membre(s) du collectif – les acteurs qui interviennent en direct -, dont chacun a ses spécificités (mode de collecte de fonds, secteur et/ou lieu d’activité, mode d’intervention solidaire…), voir https://www.finansol.org/liste-des-membres/.

Il est à noter que le « hors série » sur les placements éthiques et solidaires que publie approximativement tous les deux ans depuis 1997 le magazine Alternatives économiques recoupe d’assez près ces acteurs membres de Finansol.

Sur la durée (depuis plus de 20 ans), je peux relever que, au fil des ans, les membres évoluent (certains apparaissent, d’autres quittent le collectif – l’appartenance à Finansol est bien entendu conditionnée au versement d’une cotisation annuelle) : des acteurs ont pu changer de logos voire de discours (!).

Pour ma part, après être devenu cigalier en 2001, je m’étais fixé l’objectif de découvrir et soutenir chaque année un nouvel acteur de la finance solidaire. Si je me retourne sur ces 17 années, je vois que je ne suis pas loin d’avoir relevé le défi : au fil des ans, j’ai financé (pour commencer par ceux non encore cité dans les articles précédents) :

 

 

 [ + Love Money pour l’emploi, aujourd’hui Love Money pour les PME, qui a depuis quitté Finansol].

Et bien sûr, pour mémoire (déjà cités dans cette série d’articles), quatre CIGALES successives, Garrigue, le FADEV, la Nef, Terre de liens… [sans parler des cagnottes (non membres de Finansol)].

Et si on ne veut pas faire des chèques pour devenir actionnaire ou donateur ?

En second lieu, si vous êtes salarié(e) dans une entreprise qui a mis en place un dispositif d’épargne salariale, alors sachez que depuis déjà plusieurs années, votre entreprise a l’obligation de vous proposer au moins un Fonds Commun de Placement d’Entreprise Solidaire (FCPES) pour votre PEE ou votre PERCO. Une fois par an, si votre boite l’a mis en place, vous devez avoir la possibilité de flécher ce qui vous revient vers différents produits. Sensibilisé à cette question, vous pouvez choisir de préférence ceux labellisés Finansol.

Pour en savoir plus, Finansol propose un Guide de l’épargne salariale solidaire (https://www.finansol.org/_dwl/guide-epargne-salariale-solidaire.pdf).

Comme dit plus haut, le label Finansol distingue les produits d’épargne solidaire des autres produits d’épargne. Par conséquent, il se limite à ce périmètre et ne labellise en aucun cas une association, une entreprise ou un établissement financier dans son ensemble (et notamment pas les établissements bancaires qui proposent un produit « solidaire » voire plusieurs, mais parmi une foule d’autres qui ne le sont pas).

Est-ce qu’un salarié qui souhaiterait aller plus loin pourrait orienter le choix de son entreprise vers tel produit (proposé par une banque coopérative, disons…) plutôt que vers tel autre (proposé par une banque du CAC40, qui réalise par ailleurs, par exemple, des investissements contestables sur le plan écologique) ? Dans la pratique, en général, l’entreprise passe par sa propre banque, et celle-ci travaille avec la société de gestion qui se trouve être sa filiale. Peut-être que, en passant par son Comité d’entreprise ou sa Délégation unique du personnel (démarche collective plutôt qu’individuelle), un salarié peut faire bouger les lignes au-delà de l’obligation légale ?

Vous pouvez enfin, bien entendu, devenir « épargnant solidaire » en passant par votre propre banque pour investir dans tel ou tel placement de partage solidaire (ou assurance-vie solidaire) que vous lui désignerez alors.

Que faire d’autre ?

En dernier lieu, comme dit plus haut, un Grand Prix de la finance solidaire est organisé depuis 2010 en partenariat avec le journal Le Monde, avec depuis 2013 un prix « Coup de cœur du public ». Une fois que les candidats 2017 se seront déclarés, vous pourrez donc voter (au mois de mai…) en ligne: https://www.finansol.org/2017/03/28/grands-prix-de-finance-solidaire-8eme-edition-lancee.

 

La finance solidaire, combien de divisions (cela pèse quoi) ?

Lire les éditions successives du « Baromètre de la finance solidaire », publié depuis 2003 en partenariat avec le journal La Croix, est instructif pour suivre les évolutions (notamment les montants financiers que représentent les « finances solidaires »). On peut facilement en dénicher en ligne d’anciennes éditions en faisant quelques recherches (je n’ai pas trouvé l’édition de 2003, mais celle de 2005).

A mon avis, lorsque Finansol communique année après année sur l’augmentation du montant « total » représenté par les finances solidaires, le chiffre est constitué en agrégeant des truffes et des betteraves à sucre (pour prendre une image agricole que je suis fier d’avoir inventé). Je m’explique : il me paraît intellectuellement difficile de mettre sur le même plan les outils de la micro-finance que représentent les clubs CIGALES ou Clefe, dont 100% de l’épargne (quelques centaines de milliers d’euros par an au total, au maximum ?) va, via nos bien-aimés « circuits courts », vers des porteurs de projets d’entreprise que rencontrent directement les membres des clubs, d’une part ; et les milliards d’euros collectés pour des produits labellisés « solidaires » par le biais essentiel de l’épargne salariale (via des fonds « 90 / 10 » – des fonds comportant 10% de « solidaire » minimum et 90% de « non-solidaire », cf. l’étude de Finansol en 2016 sur http://www.finansol.org/_dwl/synthese-etude%20fonds-90-10-finansol.pdf). Un peu de truffe parfume savoureusement tout un plat. La betterave à sucre a besoin d’opérations successives (extraction, purification, concentration, cristallisation…) pour qu’un kilo de betterave donne quelques dizaines de grammes de sucre… Mais, face aux milliers de milliards d’euros ou de dollars brassés par la finance « classique » et la spéculation, chaque goutte solidaire compte ;  ne crachons pas dans la soupe !

Pour remonter à la source de l’information « officielle », le site internet de Finansol est tout simplement www.finansol.org.

Pour une information « institutionnelle », vous avez aussi « Faciléco, mieux comprendre l’économie », sur le Portail de l’économie et des finances du Ministère du même nom: http://www.economie.gouv.fr/facileco/finance-solidaire.

 

 

Ainsi s’achève pour le moment ma petite compilation sur les finances solidaires pour les amapiens. Je rappelle la liste des articles :

Les cagnottes solidaires (mises en place par le mouvement des AMAP)

Les CIGALES (et les Cagnottes Solidarité Emploi)

Terre de liens (foncière, ass. Loi 1901 et fondation)

Garrigue (et le FADEV)

La NEF (d’association à banque en passant par société financière)

Le crowfunding bio (sélection de quelques plateformes de financement participatif)

Finansol (les autres finances solidaires)

Si ça a pu vous intéresser, n’hésitez pas, sous chaque article, « lâchez vos com’! » (comme disent les gamins sur les plateformes de blog qui leur sont réservées – par exemple http://www.skyrock.com/ici-t-libre/).

 

Heu, un petit peu d’autopub pour finir…

Si vous connaissez quelqu’un qui cherche à créer un annuaire (sur n’importe quel sujet) et à en vérifier les informations avant publication (papier ou web), ou bien à faire mettre à jour les informations d’un annuaire déjà existant avant de le rééditer, n’hésitez pas à lui signaler mon nom ou bien à me transmettre ses coordonnées : c’est mon travail. David Nicolet / Destination Données www.destinationdonnees.fr.

 

David Nicolet, amapien Réunion / Père Lachaise depuis 2010, et adhérent, sociétaire ou donateur (actuel ou ancien) d’une dizaine de membres du collectif Finansol depuis 2001.

3 réflexions sur “Finansol

  1. Information en provenance de Finansol :

    « Suppression de l’incitation fiscale à l’actionnariat solidaire : un coup sévère au financement citoyen des entreprises solidaires

    Le 20 octobre 2017, lors de l’examen du projet de loi de finances pour 2018, l’Assemblée nationale a amputé sans ménagement le dispositif fiscal favorisant l’investissement des particuliers au capital des entreprises solidaires. Finansol et tous ses membres s’élèvent avec force contre cette mesure injuste qui va casser le développement des entreprises solidaires et des associations qui placent l’intérêt général au cœur de leur activité en luttant contre le chômage et le mal logement des Français les plus vulnérables. »

    Terre de liens ferait partie des 28 entreprises impactées.

    Le lien : https://www.finansol.org/2017/10/23/suppression-incitation-fiscale-actionnariat-solidaire-un-coup-severe-au-financement-citoyen-des-entreprises-solidaires/

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