TélérAmap, semaine du 19 au 25 février 2022

Cette semaine, dans Télérama, la vie paysanne, c’est une histoire de lutte !

Un combat

  • lundi 21 février sur France 3 à 23h, Micmac à Millau. Le documentaire retrace l’histoire du démontage du Mc Do de Millau, en août 1999. Le 12 août 1999, alors que les tensions alimentaires entre l’Europe et les États unis sont à leur comble après l’interdiction d’importer du bœuf aux hormones, des agriculteurs et des militants aveyronnais se donnent rendez-vous à Millau, sur le parking du futur MacDonald’s pour manifester. En guise de contestation, ils démontent le bâtiment du Mc Do en construction, symbole de la malbouffe. Le mot jaillit sur la scène médiatique. L’événement prend de l’ampleur et devient rapidement, national et international. Cinq des manifestants sont interpellé, parmi eux, José Bové. Un bras de fer idéologique s’engage alors entre le Roquefort et le Big Mac. Les éleveurs de brebis ne comptent plus leurs soutiens. Cet été-là, s’est joué une période essentielle de notre histoire collective. L’alimentation devient en enjeu central et l’événement a fait de Millau, la capitale de la lutte contre la mondialisation.  
Lire la suite →

Un pain multigraines de blé Rouge de Bordeaux

Mercredi 16 février, le pain de Maxime sera à la farine de Rouge de Bordeaux. En ce moment, c’est Guilhem qui boulange au Bricheton. Maxime est dans le sud-ouest pour réfléchir à ses projets.

Le blé Rouge de Bordeaux, appelé aussi blé inversé, avait presque complètement disparu. Très haut (1,75 m), il se couche facilement sous l’effet du vent et de la pluie et son rendement est très faible. Il possède des glumes (l’enveloppe autour du grain) de couleur rouge comme le vin de Bordeaux. Sa farine, quant-à-elle est blanche.

Ce blé possède d’excellentes propriétés boulangères, et comme la plupart des blés anciens il offre une palette de goût importante, contient des glutens plus digestes ; sa saveur est plus rustique.

Le mélange de graines est composé de tournesol, sésame, lin et courge.

Bonne dégustation !

« Comment les riches détruisent la planète » est arrivé dans Amap-à-lire

Comment les riches détruisent la planète

L’écologie ne peut plus se penser sans le social : s’appuyant sur la théorie de la rivalité ostentatoire, l’ouvrage articule la surconsommation des hyper-riches dans une société très inégalitaire et la crise écologique dans laquelle est entrée l’humanité. Mais alors qu’un changement de cap s’impose d’urgence, l’oligarchie des hyper-riches refuse toute alternative et met en place un régime policier pour maintenir ses privilèges. Ce sont aujourd’hui les riches qui détruisent la planète, démontre ce livre fondateur, nourri de reportages vivants et au ton incisif. Parce que l’augmentation de la consommation matérielle globale n’est plus associée avec une augmentation du bien-être collectif – mais entraîne au contraire une dégradation de ce bien-être, la seule voie pour résoudre la crise écologique et l’injustice sociale : consommer moins, répartir mieux. Essai, Hervé Kempf, 132 p., 2007.

Bonne lecture !

Un pain de blé de population

Mercredi 9 février, le pain de Maxime sera à la farine de blé de population. Aussi appelés blés paysans, les blés de population sont des mélanges de différentes variétés anciennes semées dans le même champs pour encourager la biodiversité.

Dans le courant du XXe s., parce qu’il fallait répondre aux besoins de la filière boulangère qui s’industrialisait, on a de plus en plus restreint le nombre de variétés. On obtenait des blés très productifs, pouvant être pétris facilement et de manière très uniforme par des machines. Au fil du temps, cette « hyper monoculture » — la seule même variété de blé plantée continuellement au même endroit — a considérablement appauvri la biodiversité, les sols et les équilibres naturels.

Avant les années 2000, d’abord par curiosité puis emportés par les enjeux – regain de diversité, qualité de panification, goût – les paysans-boulangers ont semé, observé et stabilisé des croisements de blés anciens.

A vos tartines !

« Pleine terre » est arrivé dans Amap-à-lire

Pleine terre

Inspiré d’un fait réel survenu en 2017, le roman met en lumière la situation tragique de certains agriculteurs aujourd’hui. L’histoire : Jacques Bonhomme, paysan, intelligent, travailleur, essaie avec quelques autres agriculteurs de son entourage et la Confédération paysanne de gérer son exploitation et son troupeau de vaches à une échelle humaine, négligeant les injonctions administratives auxquelles sont soumis les exploitants. Harcelé par l’administration qui lui demande sans cesse de justifier la moindre de ses actions, acculé face aux dépenses que cette situation a engendré, Jacques Bonhomme, une force de la nature, commence à perdre les pédales. Le jour où les gendarmes débarquent à la ferme, le traitant comme un criminel et n’acceptant même pas le café qu’il leur offre, Jacques Bonhomme craque. Il renonce. Il s’enfuit. Commence une cavale doublée d’une traque de neuf jours. A travers le destin d’un homme dans sa communauté de travail, en courts chapitres recueillant les points de vue des différents personnages, c’est l’effondrement d’un mode agricole qui se présente, accompagné d’une furieuse perte de sens et d’une révolte contre la violence d’état. Roman, Corinne Royer, 328 p., 2021.

Hiver 2021 – 2022 La revue dessinée est arrivée dans Amap-à-lire

La revue dessinée n°34
La plupart des sujets fait une large part à l’environnement.
L’actualité y est traitée par le texte autant que par l’image, avec du recul, donc ; le temps qu’il faut pour sortir du brûlant et donner de l’information.  Parmi d’autres articles : Marseille, péril en la demeure. L’habitat indigne gangrène toujours la cité phocéenne. Marine marchande, des hommes à la mer. Alors que le monde se confine, les marins triment. Revue, Collectif, 228 p, Hiver 2021-2022       

Bonne lecture !

TélérAmap, semaine du 5 au 11 février 2022

Cette semaine, l’écologie fait son cinéma !

Film d’aventure

  • samedi 5 février sur M6 21h10, Into the wild. Christopher McCandless est un étudiant américain brillant qui est promis à un grand avenir. Rejetant les principes de la société moderne, il décide de partir sur les routes, sans prévenir sa famille. Il renonce ainsi au rêve américain pour une vie aventurière dans la nature sauvage. Il brûle ses papiers, envoie toutes ses économies à Oxfam et part en voiture vers le sud des États-Unis. Il découvre l’Arizona, le Grand Canyon, la Californie et trouve divers petits boulots à travers le Dakota du Sud ou encore le Colorado afin de financer le reste de son voyage. Il arrive au Mexique, lorsque lui vient l’idée d’aller en Alaska. Il met tout en œuvre pour y arriver et parvient finalement à Fairbanks en auto-stop. Il découvre les montagnes enneigées et se réfugie dans un bus abandonné. Il y restera une centaine de jours.

    Le récit dont a été tiré le film est disponible dans notre Amap-à-lire : Into the Wild, de Jon Krakauer
Lire la suite →

« Le grand dérangement » est arrivé dans Amap-à-lire

Le grand dérangement

La crise climatique est aussi une crise de la culture et de l’imagination. Traumatisé par les immenses catastrophes récentes, le romancier se demande pourquoi le roman contemporain est débordé et insuffisant à en rendre compte. Sur le grand thème de la réalité qui dépasse la fiction, il se voit en chef de file de la « fiction sérieuse », propose de réfléchir à d’autres cadres de récit: science-fiction, fantastique, poétique même sont inappropriés et limités. Il réaffirme que c’est aux écrivains et aux artistes de travailler sur l’imagination des possibles… Cyclones, tornades, vagues, ouragans, incendies ne sont pas que du ressort des politiques, des financiers ou des bureaucrates ! Il s’interroge sur notre modernité et refuse de voir dans le seul capitalisme triomphant occidental l’insupportable débauche énergétique. Essai, Amitav Gosh, 188 p., 2021.

Bonne lecture !

Un pain de froment : Blé de Noé et Rouge de Bordeaux

Mercredi, c’est Guilhem qui apportera un pain de froment composé du Blé de Noé que vous connaissez déjà : https://wordpress.com/post/amap-rpl.org/18605

et de Rouge de Bordeaux, la variété de blé ancien la plus cultivée aujourd’hui. Il s’appelle rouge, car son épi est rouge brun et son grain également… Quant à la farine, pas de surprise, elle reste blanche. Elle est également d’excellente qualité boulangère.

Bonne dégustation,

« Le souci de la terre » est arrivé dans Amap-à-lire

Le souci de la terre

Les Géorgiques (« les travaux de la terre »), la deuxième œuvre majeure de Virgile, se présente en quatre livres. Les deux premiers sont consacrés à l’agriculture (céréales, vigne), les deux suivants à l’élevage (animaux, abeilles). Mais loin d’être un simple traité d’agriculture, il aborde des thèmes beaucoup plus profonds : guerre, paix, mort, résurrection et s’offre comme un chant à la fois de la beauté et de la fragilité du monde. Pour Virgile, détailler les soins à donner à la terre, délaissée et malmenée pendant les guerres civiles, en célébrer la beauté profonde, retisser les liens qui unissent les hommes aux végétaux et aux animaux, malgré l’instabilité du monde et le passage inexorable du temps, est l’espoir de retrouver la prospérité et la paix. Le poème se termine par la disparition des abeilles qui est le châtiment d’Orphée pour avoir perdu Eurydice. Cette nouvelle, si inquiétante et si contemporaine de la disparition du vivant sur la terre, ne saurait advenir. Ce poème antique se lit dans cette nouvelle et dernière traduction en vers libre comme un poème contemporain ouvert sur le grand souci de notre époque, le dérèglement climatique et la crise écologique. La préface est émouvante. Poème, Virgile, environ 2000 vers, entre 40 et 30 av. J.-C. Traduction du latin par Frédéric Boyer parue en 2019.

Bonne lecture !